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journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes
Publié dans : #histoire, #guyane

Casimir Prénéfato : le bagne

 

"Dans ce lieu, on est plus effrayé par le châtiment que par le crime" Albert Londres

 

Relégué mendiantTous ne mouraient pas et peu s'évadèrent. Certains avaient le cuir plus dur que d'autres, ou bien ont-ils eu de la chance : ils survécurent jusqu'à la fin de leur peine. Mais leur calvaire pourtant ne s'arrêtait pas là.

 

Le 'doublage' et la 'relégation'

Le 'doublage' consistait à une sorte de double peine : les condamnés à une peine de cinq à sept ans de travaux forcés (en dessous de cinq ans, ils demeuraient en prison en France) devaient, à la fin de leur peine, demeurer en Guyane pour un temps au moins égal à celui de leur condamnation.

 

Ils étaient assignés à résidence, le plus souvent loin de Cayenne - ce qui limitait encore le peu de chance de jamais pouvoir en réchapper.

 

Les condamnés à huit ans ou plus de travaux forcés devaient demeurer à vie dans la colonie, condamés à être jusqu'à la fin de leurs jours des relégués.

 

S'ils tentaient de quitter la Guyane, ils étaient pourchassés comme des évadés, puis punis. Ainsi, en 1935, 1 321 forçats libérés sont à nouveau condamnés et internés au camp de St-Jean.

(Libérés à Cayenne - Musée Municipal de la Seyne sur Mer)

 

St Laurent du Maroni - en mémoire des Bagnards de Guyane

Un autre enfer commençait souvent alors pour eux. Tant qu'ils dépendaient de l'Administration pénitentiaire, certes, ils vivaient dans une promiscuité épouvantable, mais il avait un toit.

 

Au bagne, ils mangeait mal et souvent pas assez, mais ils mangeaient. Si les soins y étaient lamentables, tout de même, ils étaient soignés.

(St Laurent du Maroni - en mémoire des Bagnards de Guyane)

 

Les 'libérés', eux, devaient survivre sans perspective de gagner leur vie, et sans aucune assistance. C'est ce qui leur faisait considérer les "perpèt" comme chanceux, par rapport à leur sort. Les condamnés à perpétuité pouvaient compter, malgré tout, sur l'assistance de l'Administration pénitentaire qui en avait la garde.

 

Beaucoup de bagnards étaient tatoués ; passe-temps indélébileLibérés, ils survécurent souvent plus misérables encore que lorsqu'ils avaient été détenus. Au bout  de longues années de peine, à présent redevenus libres et réhabilités, nombreux furent ceux qui demeurèrent sur cette terre d'exil. Leur nouvelle patrie.

 

La souffrance crée pour l'être humain des liens parfois indissolubles...

 

Sources : La libération- 'Le doublage'Les libérés à Saint-Laurent, vus par Albert Londres.

 

Le bagne n'existe plus depuis 1946, mais les anciens forçats libérés n'ont pas trouvé la force de partir. Ce furent des hommes abandonnés qui vivaient en parias . Le bagne, certains en parlaient avec nostalgie comme d'un paradis perdu tout en témoignant de la violence qui y régnait. On les appelait les “vieux blancs”, expression insultante pour signifier anciens bagnards.

 

lien vers : http://www.rts.ch/embed/FDvJ

(Claude Goretta (1969), vieux blancs)

 

 

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VISITER LA PAGE :

CHRONIQUES DU BAGNE

La mère des prisons

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