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journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes
Publié dans : #droits de l'homme

 

 

Point de vue. Prisons : le pari de l'humanité

Par Jean-Marie Delarue, Ex-Contrôleur Général des Lieux de privation de Liberté

(Extrait)

 

"... Le contrôleur est un témoin minutieux de ce qu'il advient dans des lieux méconnus parce que le plus souvent clos (sauf l'hôpital, avec des nuances). Minutieux parce qu'il entend mettre à jour tout ce qui fonctionne mais aussi tout ce qui met à mal les droits attachés à chacun. Les personnes détenues ont droit à deux heures de promenade par jour ? Soit mais combien ne descendent pas dans la cour, parce qu'ils ont peur de la violence qui s'y établit ?

"On peut travailler lorsqu'on est en prison ? Certes, mais combien de détenus ont un travail et ont, par conséquent, les maigres revenus qui vont avec. Combien de personnes en garde à vue prennent les « repas » qui leur sont offerts ? Combien bénéficient d'un médecin ? etc. Les réponses à ces questions se trouvent dans les rapports du contrôle général, tous rendus publics (www.cglpl.fr)

"Dans sa mission, le contrôleur général rencontre inévitablement le dilemme sécurité et droits. Beaucoup sont convaincus que, dès lors que les auteurs d'infraction (et peut-être aussi les malades mentaux) ont fait souffrir, il est juste qu'ils souffrent à leur tour.« Ça leur fera du bien », croit-on sincèrement. On doit, raisonnablement - des études étrangères le démontrent - postuler l'inverse : un détenu traité avec dignité a plus de chances de réintégrer la communauté humaine..."

 

Lire l'intégralité de son témoignage : Ouest-France (29/01/15)

 

Lire aussi : Le Blog de Philippe Poisson (05/02/15) : 

Avancer la réflexion sur les modes de détention appropriés à certaines catégories de prisonniers ?

 

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La prison ne peut devenir humaine, on n'humanise pas la torture !

Réaction d'Alain Cangina, Président de l'Association Renaître


"Ceux qui prône l'humanisation des taules sont soit des illuminés bisounours déconnectés du réel, soit de fieffés imbéciles conditionnés, soit encore des manipulateurs pervers.

Comme la prison n'est que le reflet grossissant de la société, elle n'est que le résultat de ce qu'elle génère. Vouloir humaniser les prisons signifie qu'on veut maintenir cette société telle qu'elle est et qu'on s'arrange de toutes les injustices et des aberrations qui vont avec..."

 

Lien vers

L'association Renaître

 

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Les prisons : inhumaines toujours ?

 

France-Culture (16/02/13) : Les prisons : inhumaines toujours ?

 

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Robert Badinter (1992) : La Prison républicaine

 

De la naissance de la République à 1914, l'idéologie pénitentiaire demeure constante: la prison doit être un lieu de peine, mais aussi d'amendement; elle est faite pour transformer les délinquants autant que pour les punir.

Pour les républicains, une discipline ferme mais humaine et les bienfaits de l'instruction peuvent toujours ramener le délinquant au droit chemin, c'est-à-dire à un comportement conforme aux valeurs de la République.

Dès lors, son idéal lui commande, plus qu'à toute autre forme de gouvernement, de se pencher sur les prisons, de les transformer, de les humaniser enfin.

 

Lire la présentation :  Robert Badinter : La Prison républicaine

Lire aussi : Sud-Ouest (15/09/12) : Grâce à Robert Badinter

 

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Une prison de classe... qui ne manque pas de places !!!

 

Evidemment, la "sociologie" carcérale revèle le fonctionnement d'une "Justice" à deux vitesses (plus la marche arrière !)...

Les plus faibles, les plus pauvres, les personnes atteintes de maladie mentale, et - bien sûr - les étrangers sont les plus susceptibles de finir derrière les barreaux - après des procès bâclés, souvent après comparution immédiate.

Heureusement, les plus aisés, les plus fortunés savent depuis longtemps se mettre "au-dessus" des règles...

 

A lire : 

 

Pierre LASCOUMES & Carla NAGELS (2014) : Sociologie des élites Délinquantes

De la criminalité en col blanc à la corruption politique

 

La dénonciation régulière des « affaires » et des « scandales » laisse croire que les élites économiques et politiques ne sont pas à l’abri des mises en cause et des procès. Ces événements masquent pourtant une toute autre réalité. 

Les déviances et délinquances des élites ne sont pas perçues comme ayant la même gravité que celles portant atteinte aux personnes et aux biens. Elles ne suscitent pas non plus la même réaction sociale.

Une des originalités de ce sujet est de poser des questions qui ne sont jamais soulevées quand il s’agit d’atteintes traditionnelles aux biens et aux personnes.

Où place-t-on le curseur entre les déviances acceptables et celles qu’il faut réprouver pour assurer la stabilité d’une organisation sociale ?

Suffit-il d’une norme pénale pour identifier un acte transgressif ? S’il y a bien eu des abus, leurs auteurs sont-ils vraiment mal intentionnés ? Ne sont-ils pas plutôt victimes d’organisations laxistes et de pratiques tolérées ? Quelle est enfin la sanction adéquate à ces débordements ?

Ces enjeux sont autant intellectuels que politiques et éthiques.

 

Pour en savoir plus : La vie des idées (23/01/15) :

Cols blancs, mains sales et casier vierge

 

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Post publié le 04/02/15 mis à jour le 06/02/15

 

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