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journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes
Publié dans : #sexualité

"L'amour, dit-on, ouvre toutes les portes... Mais bon, ne rêvons pas, une vague d'amour ne déferlera pas sur les matons. Mais il y a, parfois, des exceptions qui confirment la règle..." Alain Cangina-Renaître

 

Amoureuse d'un détenu, une surveillante de prison l'aide à s'évader

 

Elle était « follement amoureuse de lui » et ne voulait pas le trahir. L’histoire insolite d’une surveillante de prison et d’un détenu...

 

Il avait été condamné en 2012 à 16 ans de réclusion pour une série de braquages. Elle était surveillante à la prison de Varennes-le-Grand où il purgeait sa peine. Lui se prénomme Christos, elle : Laure. Ils auraient pu s'appeler Roméo et Juliette

Après cinq ans de silence, devant le Tribunal de Chalon-sur-Saône, cette femme a avoué avoir aidé Christos dans son évasion. Cela s'est passé en 2010...

 

 

« - J’étais follement amoureuse de lui. Quand il est arrivé à Corbas, j’étais en poste. Et puis on était d’accord tous les deux de se retrouver à Varennes, avoue l'ex-surveillante.

- Comment on échafaude ce plan ? questionne alors le tribunal.

- Je ne saurais dire, mais il m’a dit qu’il avait beaucoup d’années de prison à purger... ».

Présent à l’audience, Christos Lagakis lui vient en aide : « C’est moi qui ai échafaudé ce plan. C’est quelqu’un qui m’a emmené les outils ».

 

Laure, pour avoir trop aimé, écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis et d'une interdiction d’exercer dans la fonction publique ou dans l’administration pénitentiaire. Christos quant à lui écope de 2 ans ferme.

 

Peu de chance qu'ils soient réunis dans la même cellule !

 

Source : JSL Chalon (25/04/15)

 

 

 

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Florent Gonçalvès (2012) : Défense d'aimer

 

Florent Gonçalvès était directeur de la prison pour femmes de Versailles. Il a eu une relation interdite avec une de ses pensionnaires. Mal lui en a pris ! En effet, des témoins l'accusent d'avoir fait profiter la détenue de passe-droits en l'échange de relations sexuelles et /ou romantiques.

«On pourra toujours dire et penser que nous n'aurions pas dû. Mais depuis quand l'amour se commande-t-il? Toutes les bonnes raisons que nous avions l'un et l'autre de mettre un terme à notre histoire ne nous ont jamais séparés. On a bien essayé, on s'est déchirés, on s'est quittés, on s'est retrouvés. Mais on n'arrête pas l'amour», écrit-il.

Il a été condamné en première instance à 2 ans de prison dont un an ferme et 10.000 euros d'amende.

 

Lire : Le Figaro (15/02/12) : Amour coupable entre détenue et directeur de prison

Lire aussi : Le Figaro (15/02/12) : Ces amours malgré les murs et les barreaux

 

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Les amours interdites
Témoignage d'Alain H. ancien maton

 

Dernièrement, les média ont relatés des amours (plus ou moins réciproques) entre les détenu(e)s et des membres du personnel pénitentiaire ou bien des intervenants extérieurs. Il n’y a pas si longtemps, un directeur de maison d'arrêt a été déchu pour avoir aimé une détenue de sa prison.

 

J’ai connu aux Baumettes des assistantes sociale qui acceptaient de se faire cajoler par des détenus. Lorsque l’administration s’en est aperçue elle ont été aussitôt suspendues en attente de sanctions.

Dans les années 1990 une doctoresse, ou une psychologue, s’est retrouvée surprise dans une posture ambigüe avec un détenu, c'est-à-dire en plein coït. Elle a été suspendue et interdite de travail au sein des prisons. Je ne sais pas qu'elle autre suite a été donnée à cette incartade.

L’amour rend aveugle, dit-on. Jusqu'où peuvent mener de telle relation ? Un truand séduit son avocate pour l'aider à se faire la belle. Un autre utilise sa relation pour se faire apporter tout et n’importe quoi de l'extérieur... (Heureuseement, pour ma part, je n’ai connu personne dans mon entourage qui ce soit retrouvé dans ce genre de situation.)

(Illustration : Laurent Jacqua, "L'amour en cage")

 

Personnellement, je pense que de telles amours sont possibles à condition d’en accepter les conséquences. Si c'est le cas, alors il faut changer de statut – ou d'établissement : ne plus être l'avocat, ni le visiteur de prison qu'on était. Pour le/la surveillant(e) il/elle doit immédiatement changer d’établissement et venir visiter son amoureux au parloir comme n’importe quelle personnes extérieures, sans passe-droits.

Il est plus moins grave de se faire prendre pour avoir fait l'amour dans un parloir sans dispositif de séparation que de ce faire coincer en tant que directeur ou maton. Baiser dans une cellule avec sa belle ou son « beau » est passible pour nous de la Correctionnelle.

Il y a enfin des cas plus graves. Il y a de cela quelques années au Pontet, j’ai reçu un surveillant au quartier d’isolement : cette fois-ci comme détenu. Auparavant il avait travaillé au quartier des femmes de la Prison des Baumettes. Là, il avait entretenu des rapports réguliers avec plusieurs détenues.

Il leur imposait les pires humiliations. Il les violait parfois, choisissant comme sur un marché aux esclaves celle qu’il saillirait. Un jour une détenue, parce qu'elle était amoureuse de lui et qu'elle se sentait déshonorée, l'a dénoncé. C'est ainsi que le maton s'est retrouvé derrière les barreaux.

 

C’est ainsi que se termine souvent les amours en prison.
 

Déjà, pour nous qui sommes en liberté, il est difficile d'exprimer sa libido ou aller vers l’autre. Alors, je vous laisse imaginer combien il devient chaotique d’exprimer ou de vivre sa sexualité derrière les barreaux. Comme le dit Bruno : ''Parler d'amour, de sexe, de désir en prison c'est presque déshonorer ces mots ! C'est aussi les salir, peut-être. Et peut-être, pour cela reste-il tabou d'en parler ?''

 

Source : Agoravox (21/08/13) : Amour et sexe en prison

 

 

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Le surveillant de prison se suicide par amour

 

Un surveillant s'est  suicidé dans la nuit de Noël 2014, dans le mirador de la prison de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) où il était en faction. Selon des sources concordantes, il avait une peine de coeur...

Cet homme travaillait depuis cinq ans dans le centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin. Il ne s'était jamais plaint de son travail.

En revanche, il n'aurait pas supporté qu'une de ses collègues, dont il était amoureux, sorte avec un autre collègue...

 

 

Source : Le Figaro (26/12/14)

 

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Et y'a pas qu'en France !

 

 

Etats-Unis : un détenu fait cinq enfants avec les gardiennes de sa prison

Elles se tatouent son nom sur le corps ! 

 

Depuis son incarcération en 2009, Tavon White, un des leaders d'un gang oeuvrant dans une prison de Baltimore, serait devenu le père de cinq enfants avec des surveillantes pénitentiaires.

 

Suite à une enquête sur ses agissements, 25 personnes dont 13 gardiennes ont été inculpé. Pourquoi ? Plusieurs d’entre elles avaient des relations sexuelles avec le détenu, et 4 seraient tombées enceinte de lui donnant naissance à un total de 5 enfants.

 

Tavon White étant certainement doté d’un don de séduction, les gardiennes sont même allées jusqu’à se faire tatouer son nom dans leur cou. Katera Stevenson, une des gardiennes de prison a avoué avoir eu des relations sexuelles avec Tavon White et s’être fait tatouer son nom sur son poignet.

C’est ma prison. Vous comprenez ça ? Je suis très sérieux… C’est moi qui décide de tout et qui fais ma loi dans cette prison a même déclaré Tavon White, membre de la Black Guerilla Family.

 

Les gardiennes passaient dans leurs dessous des téléphones portables, des pilules sur ordonnances et d’autres objets interdits. Les membres du gang revendaient la marchandise. Avec l’argent les surveillantes s’achetaient des voitures de luxe...

 

Source : My TF1 News/AFP (25/04/13)

 

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Post publié le 27/04/15 mis à jour le 28/04/15

 

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Juliette 27/04/2015 18:05

L'une des justifications à l'enfermement consiste dans le fait de proclamer la mission de réinsertion de nos modernes prisons. Comment cela se pourrait-il sans l'amour? Celui qui est emprisonné doit-il être traité comme un robot? Si les barreaux font aussi office de castration chimique et romantique, si l'amour est banni, alors ne reste plus que l'oppression, la déshumanisation. Envolé, balayé, aux oubliettes le projet de soit disant réinsertion posé initialement.

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