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journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes
Publié dans : #pauvreté, #droits de l'homme

Beaucoup de prisons font aujourd'hui le travail des institutions de santé mentale, même si elles ne possèdent ni les ressources ni l'expertise pour traiter les malades mentaux

 

Photo: Alamy

 

Extrait de l'article original publié par The Guardian (06/03/2015) :

"US jails are warehouses of sick, poor and low-risk people" by Julia Stasch

(Traduction et illustrations : Bruno des Baumettes)

 

Tous ne sont pas censés être là où vous les mettez : la prison. C'est vrai pour les malades mentaux ou personnes trop pauvres pour payer la caution. Il ne devraient pas y avoir autant d'Afro-Américains, d'Hispaniques, d'Amérindiens ou d'Asiatiques, enfermés pour des délits auxquels échappent les Blancs.

Le but principal de nombreuses prisons est d'être devenu un espace de stockage temporaire où ceux qui sont considérés comme un danger public ou présentent un risque de fuite doivent attendre durant le temps de la procédure judiciaire. Trop souvent, elles sont devenues des entrepôts destinés à des personnes présentant de faible risque mais qui sont trop pauvres pour payer une caution ou trop malades pour être pris en charge par le système social existant.

On demande aux prisons aujourd'hui de faire le travail des institutions de santé mentale, même s'ils ne possèdent ni les ressources ni l'expertise pour traiter les personnes souffrant de maladie mentale ou de toxicomanie. Les recherches démontrent que les maladies mentales graves affectent environ 14,5% des hommes dans les prisons américaines et 31% des femmes : des taux qui sont trois à six fois plus élevés que dans la population générale !

 

 

Dans ces prisons sont aussi enfermés des délinquants non violents mais qui ne peuvent payer une caution et/ou l'ensemble des frais qu'ils doivent du fait du système pénal, alors que les plus riches achètent leur liberté.

 

À New York en 2012, 31% des accusés pour des délits se trouvaient derrière les murs d'une prison jusqu'à leur jugement - ou leur relaxe - parce qu'ils avaient été incapables de payer une caution de moins de 500 $. Ainsi, des gens sont enfermés - parfois pendant des mois - en raison d'une conduite sans permis ou avec un permis expiré, ou pour des infractions mineures liées à l'usage ou la détention de drogues comme le cannabis...

(...)

Ainsi, un séjour en prison, inutile ou inapproprié, peut couper les personnes de leur emploi, de leur famille et de leurs enfants ; les privers du soutien nécessaire, comme une prisen en charge psychiatrique ou d'un traitement de désintoxication.

Cela peut les entraîner dans une spirale qui peut les conduire à la criminalité la plus grave, la dépendance aux drogues, la perte de tout lien - en en faisant des SDF -et, peut-être (ou sûrement) à une nouvelle incarcération à venir.

Ces situations conduisent à un gonflement de la population carcérale, qui contribue à exacerber le problème de la sur-incarcération massive aux USA.

 

Comment alors exiger un changement ? Il y a beaucoup de solutions pratiques, ce qui permettrait alors de renforcer la sécurité publique, de réduire les coûts de l'emprisonnement et ses conséquences, et aussi de rétablir de l'équité. Alors pourquoi ne pas s'y atteler à l'échelle nationale ?

À Portland, en Oregon, le service de police possède une unité mobile de crise permettant de mettre en lien les personnes avec les services de santé mentale, afin d'offrir un traitement médical en lieu et place de la détention pour les personnes dont les maladies ou problèmes d'abus de substances. De telles politiques sont beaucoup trop rares. Nous devons mettre en œuvre ces services dans chaque comté.

 

De même, le bureau du procureur du comté de Hennepin dans le Minnesota a permis à plus de 800 personnes de sortir de prison en leur offrant d'autres alternatives. Un nouveau programme remplace ainsi la peine de prison pour les délinquants à faible risque par "le service communautaire"  (= services d'intérêt général. ndt)  et un plan de paiement adapté à chaque personnes, ce qui permettre de dégager un surplus de 440 000 $  (environ 400 000 €. ndt) en faveur du dédommagement des victimes.

 

Ces exemples sont représentatifs de nombreuses autres réformes locales à l'échelle nationale. Face à la "solution du tout carcéral", à l'origine du problème de sur-incarcération aux USA, nous devons encourager plus d'innovation locale à travers le pays pour rendre le système de justice pénale plus équitable et plus efficace en se concentrant sur la réhabilitation, et non l'incarcération, pour les délinquants non violents, en mettant en oeuvre des programmes ayant fait leur preuve pour concourir à réduire la répétition infractions et sauver l'argent des contribuables qui pourront ainsi être mieux utilisé pour couvrir d'autres besoins de la communauté. 

 

(...) 


Nous avons tous intérêt à améliorer la façon dont l'Amérique pense et utilise ses prisons. La société se portera mieux si les gens qui ne méritent ou qui ne doivent pas se retrouver en prison ne finissent entre quatre murs. Les agents de police, les juges, les procureurs, les défenseurs et les agents correctionnels qui manipulent chaque jours des tas de bordereaux surchargés de noms verraient leur charge réduite.

Une Justice injuste, inefficace et inefficiente n'augmentent pas la sécurité publique, elle ne concoure pas au bien-être des personnes ni de la Communauté. Ils sont Une Justice injuste est incompatible avec les idéaux américains.

 

Article source The Guardian (06/03/2015) - en anglai

 

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