Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

brunodesbaumettes.overblog.com

journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes
Publié dans : #histoire, #bagne, #cglpl, #OIP

Ile de Ré : derrière le décor de carte postale, la prison

L’île offre aux visiteurs deux visages car dans l’ombre de la citadelle Vauban, se cache la plus grande maison centrale de France...

Lire la suite : Sud Ouest (13/08/13)

 

 

Saint-Martin-de-Ré : une prison sous surveillance...

Les contrôleurs des prisons pointent un accès aux soins difficile et « les pratiques rigides » de certains surveillants

Lire la suite : Sud Ouest (22/10/13)

 

Saint-Martin de Ré : FO pénitentiaire dérape et provoque un incident

 

Dans un tract du 24 mars intitulé « Prime à la vermine et à la racaille », le syndicat national pénitentiaire Force ouvrière perd toute mesure. Dénonçant l'octroi d'un poste de travail à un détenu, il divulgue publiquement son nom et des éléments (qui plus est erronés) de son casier judiciaire... 

Lire la suite : Observatoire International des Prisons (18/04/14)

 

****************************************************************************************************************

Le dépôt de Saint Martin en Ré, une étape obligatoire avant le Grand voyage

 

Pendant de longues années, Saint Martin fut l'étape obligatoire pour les Forçats condamnés aux bagnes des colonies (Guyane, Nouvelle-calédonie).


Les hommes partaient de Rennes, Caen ou Fontevrault et étaient acheminés par le train, les fers aux pieds, en wagons cellulaires de 19 places vers la prison de la Rochelle. Après 1933, des fourgons permettront d'acheminer en deux jours près de 400 forçats en 40 véhicules.
Après une nuit à la prison de La Rochelle, les forçats embarquaient pour Saint Martin de Ré. 

Là, ils étaient fouillés, ils perdaient leur identité pour un matricule porté sur leur bras gauche. On leur distribuait une vareuse de laine, deux chemises, deux paires de souliers et une couverture.

 

 

La vie au dépôt de Saint Martin

Dans cette ancienne citadelle, construite par Vauban, les condamnés au bagne pouvaient séjourner plusieurs mois avant qu'il n'y ait un départ vers les bagnes des colonies.

Séznec y resta près d'un an. Alfred Dreyfus, accusé de haute trahison, fut incarcéré à Saint Martin du 18 janvier au 21 février 1895, avec des mesures de sécurité renforcées.

 

Les journées des forçats étaient rythmées par deux promenades dans la cour, au pas cadencé. Les détenus étaient fouillés au coucher, et quatre rondes rythmaient la nuit,.

Le jour, le travail en atelier était obligatoire.

 

Hygiène et santé précaires des condamnés

L'état de santé des détenus était souvent déplorable. D'après un rapport du docteur Hernette en 1930, les rélégués, qui ne sont pas à leur premier séjour en prison, sont souvent atteints de tuberculose osseuse ou pulmonaire et de maladies vénériennes.

 

L'infirmerie de 30 lits était nettement trop petite. Ne partaient alors en Guyane que les plus valides. Ainsi, en 1930, quatre-vingts relegués échappèrent à la traversée pour raison médicale.

 

Le jour du Grand voyage

Voici le témoignage de Dieudonné, anarchiste condamné au bagne, soupçonné d'avoir appartenu à la bande à Bonnot. 


"Le bagne de St Martin s'éveille dans un bruit inaccoutumé. Chacun cause bruyamment au nez des gardiens, contents de ce départ qui va leur donner quelques semaines de répit. 400 forçats et 200 relégués sont maintenant dans la cour. Ce n'est pas une mince affaire que de les mettre en ordre 4 par 4.


"L'appel n'en finit plus. Au dernier moment, on fait sortir des cachots les fortes têtes. La grand lumière du jour les aveugle. Ils sont pâles et maigres et leurs jambes flageolent. Eux seuls, sont enchaînés.

 

"Tous les gardiens de Ré, tous les surveillants militaires présents, une compagnie de soldats encadrent le convoi.

"On ouvre les portes. Le long convoi s'ébranle, silencieux. Il repasse les petites portes basses des murs d'enceinte, traverse la cour de la caserne, franchit les hautes portes d'entrée du corps de garde.

 


"Et voici la route jolie. Les journaux ont annoncé le départ, la route est pleine de monde, curieux ou parents...


"Morne, le convoi s'avance au milieu de la foule muette. Quelques uns baissent la tête pour cacher des yeux mouillés."

 

 

Les bagnards avant l'embarquement, inscrivaient des initiales, un mot, un nom...

 

Les conditions des traversées étaient déplorables. La Marine fit construire deux bateaux : le Magellan et le Calédonien qui pouvaient transporter chacun 450 marins, soldats, 66 officiers et 400 condamnés.

 

On parquait ces hommes dans les batteries hautes et basse, dans des cages grillagées, seulement équipés d'un banc de bois fixe et d'un hamac pour deux. Les fers étaient de mise. Les récalcitrants, punis, avaient les mains attachées derrière le dos à un barreau.

Après la première Guerre mondiale, seulement un seul bateau-bagne assura les derniers transports jusqu'en 1938 : La Martinière, livrée par les Allemands comme compensation aux frais de guerre...

(La Martinière - Bateau-bagne)

 

Sources : Ré la Blanche : Saint Martin de Ré sur la route du bagne...

Le Blog de Philippe Poisson :  Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial 

 

****************************************************************************************************************

 

Saint-Martin de Ré : Une prison-citadelle

Edifiée en 1681, la citadelle de Vauban oscille jusqu’au milieu du XIXe siècle entre prison et caserne : protestants entre 1685 et 1687 après la révocation de l’édit de Nantes, prêtres réfractaires entre 1798 et 1781, ou fidèles à l’empereur à partir de 1820 : tous sont incarcérés à Saint-Martin.

 

En 1854, Napoléon III institue la déportation, qui utilise les travaux forcés au profit de la colonisation française. Les condamnés sont donc transportés en Guyane et en Nouvelle-Calédonie depuis les bagnes de Brest et Toulon. Dès 1873, tous les départs se feront de Saint-Martin, qui est un dépôt d’étape, et non un bagne. Les convois défileront sur le port jusqu’en 1938, attirant curieux et journalistes.

 

C’est d’ailleurs en partie grâce à l’enquête d’Albert Londres « Au bagne », en 1923, que prendront fin les travaux forcés. Ce n’est qu’à la Libération, en application du décret-loi de juin 1938 abolissant la transportation, que le dépôt devient un centre pénitentiaire, puis une centrale.

 

Sources : Sud Ouest (13/08/13)

Monique Jambut (1998). - Le pénitencier de Saint-Martin de Ré de 1685 à nos jours

Itinéraire d'un instituteur : La Petite Roquette, St.Martin de Ré...

 
*
*    *
 

*

*      *

 

VISITER LA PAGE :

CHRONIQUES DU BAGNE

La mère des prisons

******************************************************************************************************************

 

Saint-Martin de Ré : Une centrale sous surveillance

 

À la Libération, en application du décret-loi de juin 1938 abolissant la transportation, le dépôt de Saint-Martin de Ré devint un centre pénitentiaire, puis une centrale.

Aujourd'hui, la vieille citadelle, qui depuis les années 1700 a toujours servi de prison, est un pénitencier toujours en activité qui accueille plus de 400 détenus...

Une prison où plane toujours l'ombre des déportations...

 

Saint-Martin-de-Ré : une prison sous surveillance...

Les contrôleurs des prisons pointent un accès aux soins difficile et « les pratiques rigides » de certains surveillants

Lire la suite : Sud Ouest (22/10/13)

 

Saint-Martin-de-Ré : un prisonnier frappe le directeur de la Centrale...
 

Lire la suite : Sud Ouest (04/02/13)

 

 

Maison centrale de Saint-Martin-de-Ré : un détenu empêché de se recueillir auprès de sa soeur décédée...

 

Lire la suite : Observatoire International des Prisons (09/10/13)

 

La réponse des gardiens au rapport sur la centrale de Saint-Martin-de-Ré.

 

Lire la suite : Sud Ouest (24/10/13)

 

 

*

*     *

 

6m² © Desriaux Mélanie - Cliquez sur l'image pour voir le diaporama

 

RETROUVEZ CETTE PRISON ET BIEN D'AUTRES :

 

DES MURS ET DES PRISONS

 

PARTAGER SUR FACEBOOK  

Commenter cet article

À propos

brunodesbaumettes.overblog.com

“bruno13marseille@live.fr”

Rédigé par Bruno des Baumettes

Hébergé par Overblog