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brunodesbaumettes.overblog.com

journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes
Publié dans : #histoire

"Vous tous qui êtes passés dans ces lieux maudits, racontez et racontez sans cesse ce que vous avez vu. Il faut que chaque ancien forçat soit un centre de propagande..."

André Marty (1924) : Dans les prisons de République

 

Bienvenue au bagne...

 

Bien sûr mon blog parle surtout de la Prison, et d'abord d'une en particulier : la "mienne", pour paraphraser Alfred de Musset, 'Ma Prison des Baumettes'.
Incarcéré, je ne pouvais m'empêcher, d'entre ces murs, de rêver de voyages, de mers océanes que nous aurions traverser elle et moi, bravant toutes les tempêtes en nous ayant débarassé de tous les geôliers, porteurs de blés flamands et de cotons anglais...

(Marius Larique (1932) : Les hommes punis)

 

 

Et puis le grand navire aurait fait escale quelque part, très loin sous le soleil, là où la brise marine est si douce. Pour peu, j'aurais aimé être un Corto Maltese, un fugitif ou un forçat pareil à ceux que l'on voit sur ces cartes postales anciennes, partant de l'Ile de Ré ou cassant des cailloux à Cayenne...

Alors, embarquons-nous ! Allons, cinglons vers d'autres tropiques...

 

(Pierre Zaccone (1897) Histoire des Bagnes - cliquez pour lire l'ouvrage)

 

 

Pour plus de voyages encore, je vous invite à visiter les sites suivants :

Le Blog de Philippe Poisson ; Le Blog de Jacky Tromel ; Criminocorpus

 

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ACTUALITE - ACTUALITE - ACTUALITE - ACTUALITE

 

Récits du bagne...

Un projet à soutenir !

 

Au-delà du choix du sujet (un bagne pour enfants), l’originalité du projet de publication « Récits du bagne – Inspirations policières de Toulon à l’Île du Levant » réside, d’une part, dans la qualité de son collectif d’auteurs (un groupe d’étudiants universitaires) et, d’autre part, dans sa dynamique participative (basée sur le crowdfunding ou financement participatif)...

 

Pour en savoir plus et apporter votre soutien :

Le blog de Jacky Tronel (16/05/15)

« Récits du bagne – Inspirations policières de Toulon à l’Île du Levant »

 

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Sommaire :

 

Le chemin bagne : Départ pour le bagne

Les Bagnes de Métropole : Quelle galère !

Les Bagnes militaires : Qui gardera les gardiens ?

Corse : Bagnes d'hier et prisons d'aujourd'hui

Les Bagnes des colonies : Les Hommes punis

Chronique du Bagne : Cayenne c'est fini

Nouvelle-Calédonie : Le bagne (presque) oublié

Les Bagnard(e)s : Figures de forçats, exilés et déportés...

Les enfants du Bagne : Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

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Suzanne Quere (1998) Le Chemin du bagne

 

Le chemin du bagne

Départ pour le bagne

 

En route pour la Guyane (Source : Beneze17 : Départ des Forçats vers les bagnes coloniaux)

 

Criminocorpus : Cartes postales du bagne (collection Michel Roger) - Cliquez sur l'image

 

A lire : David Canard (2005) : Partir au bagne

 

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ACTUALITES - A LIRE - ACTUALITES - A LIRE - ACTUALITES - A LIRE

 

Le temps du bagne (L’histoire. Les collections. n°64 Juillet-septembre 2014)

 

Un musée du bagne : à la fin 2014  il s’ouvrira à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, dans le camp qui  accueillit quelque 50 000 forçats jusqu’au milieu du xxe siècle.

La Guyane, mais aussi la Nouvelle-Calédonie qui inaugurera un  musée en 2015 : ces territoires  se réapproprient une histoire longtemps maudite. Histoire qui commence, en France, au milieu  du XIXe siècle, avec la loi sur  la transportation en 1854, et qui s’inscrit dans la grande aventure  de la colonisation européenne.  

Au total 70 000 hommes et femmes  ont fait l’expérience du bagne,  jusqu’à son abolition après  la Seconde Guerre mondiale. 

Pour en savoir plus :

L'Histoire (2014) : Le temps du Bagne

 

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Regard sur le Bagne de Dominique Darbois

Musée Ernest Cognacq de Saint-Martin-de Ré (2011)


Guyane, 1952. Partie à la rencontre des Indiens Wayanas, c’est par hasard que Dominique Darbois découvre les vestiges du bagne.

Elle fixe alors sur sa pellicule les derniers témoins d’une histoire pénitentiaire française, qui, de 1852 à 1938 a exilé près de 100 000 hommes. 

Sous son objectif, les bâtiments des Iles du Salut, la guillotine et les entraves se parent d’un voile presque poétique.

Elle réalise de bouleversants portraits des derniers forçats restés en Guyane. Ces hommes, aux corps malmenés par des années de travaux forcés, qui malgré tout, posent et font bonne figure...

 
Le travail photographique de Dominique Darbois, artiste engagée qui a connu la Résistance et la déportation, est un hommage émouvant à ces hommes qui ont connu l’enfer vert. 

 

Lire le dossier complet : Dominique Darbois (2011) : Regard sur le Bagne

 

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'Quelle Galère !' - Cliquez pour voir l'exposition et le diaporama'

 

Les Bagnes de Métropole : Quelle galère !

 

Des bagnes en France, en 'Métropole' ? Quelle idée saugrenue d'être si loin et si près en même temps...


L'existence des bagnes et des bagnards n'a pas attendu la colonisation et ses bagnes exotiques. Alexandre Dumas évoquent déjà quelques personnages de son "Monte Cristo", comme d'anciens bagnards de Toulon.

 

Le baigne de Marseille et le bagne de Toulon
 

C'est à Marseille - bien avant la construction des Baumettes - que furent créées les premières installations pour accueillir à terre les pauvres bougres condamnés aux galères, puisqu'ils passaient la plupart de leur temps à terre. 

En 1748, après le tranfert définitif des galères depuis Marseille, c'est à Toulon que fut inauguré le nouveau bagne, le bagne maritime placé sous la garde de la Marine Royale...

 

Lire l'article complet : 

Les bagnes de Métropole (1) : Quelle galère !

 

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Les Bagnes de l'Atlantique : Avant le Grand Voyage

 

Afin de décharger les bagnes de Marseille et de Toulon, il fut décidé l'ouverture de nouvelles places, à Brest et à Rochefort. Ces sites présenteront plus tard l'avantage d'un départ plus direct vers la Guyane ...

 

Le bagne de Brest fut en service de 1749 à 1858. Deuxième bagne de France après celui de Toulon, il pouvait loger jusqu'à 3 700 forçats, Près de 60 000 condamnés sont passés entre ses murs. Le tiers de ces homme mouru en détention... (Lire la suite)

Le bagne de Rochefort, ouvert en 1767, fonctionna jusqu'en 1852. A sa fermeture,l'existence-même de ce lieu de misère fut rayée de la mémoire collective. Il n'en reste aujourd’hui plus aucune trace... (Lire la suite)

Saint Martin en Ré : Pendant de longues années, l'Ile de Ré fut une étape obligatoire pour les Forçats condamnés aux bagnes des colonies. (Lire la suite)

 

 

Lire l'article complet : Les Bagnes de Métropole (2) : Avant le Grand Voyage

 

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Sylvain Ricard et Olivier Thomas (2012) : Biribi

 

LES BAGNES MILITAIRES

 

Quis custodiet ipsos custodes ? Juvenal*

(*Qui gardera les gardiens ?)

 

Y a-t-il jamais eu des bagnes pour les surveillants de prisons ? 

 

L'Enfer disciplinaire

 

Bagnes Militaires

L'armée a su aussi organiser l'Enfer pour ses propres recrues, les plus rétives, y compris les déserteurs. Même sans la guerre, même sans aucun ennemi, l'armée (de terre ou bien la Royale) a su trouver les moyens de torturer des hommes et de les faire mourir.

L'Administration pénitentaire a-t-elle eu l'idée de faire de même pour ses méchants matons ? Non, bien sûr, car qui alors : qui garderait les gardiens ?

 

Lire la suite : Les Bagnes militaires

 

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Toujours des bagnes militaires ?
Laissez-moi rire !

 

Henry Allainmat (2013) : Le bagne de la légion

 

À quelques kilomètres de Corte, la Légion étrangère a installé sa "Section d'épreuve". Celle-ci est réservée aux légionnaires coupables de fautes graves  : désertion, vol d'armes, injures à officiers, et d'une manière plus générale, aux récalcitrants, à ceux qui, malgré l'impossibilité de rompre leur engagement, ne peuvent plus supporter la discipline de ce corps.

Une trentaine de détenus peuplent ce camp très particulier. Certains meurent, d'autres deviennent fous.

 

Pour en savoir plus : H. Allainmat : Le bagne de la légion

 

A lire aussi : Henry Allainmatt (1977) : L'épreuve

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Ruine de l'ancien pénitencier agricole de Chiavari

 

CORSE : Bagnes d'hier et prisons d'aujourd'hui

 

La Corse est une île, entre le ciel et l'eau, à mi-chemin entre la Métropole et l'Outremer...

 

C'est peut-être pour cela que la Corse a bénéficié dès le XIX° siècle d'un régime particulier où les prisons étaient des bagnes - pardon : des "colonies agricoles" et les bagnes des prisons.

 

« L'amélioration des condamnés, l'assainissement du pays, la mise en valeur d'un sol mouvementé et inculte, tel est le but des établissements créés par le gouvernement de l'Empereur sur des points opposés de la Corse, dans des contrées différentes par l'exposition et la nature du terrain... » 

 

Source : Paul-Roger Gontard (2008)

 

 

Si le terme de bagne est impropre, la notion de colonisation, destinée à mettre en culture des terres en friche est, elle, appropriée. Il ne fait guère de doute qu'une volonté politique d'une meilleure intégration de la Corse au Continent a présidé à la création des colonies agricoles de Coti-Chiavari, Castelluccio et Casabianda.

(Pénitencier de Castelluccio - cliquez pour agrandir)

S'il ne reste rien des deux premières, la troisième Casabianda est toujours en service. Elle représente l'exemple 'français' d'une prison 'verte', où les murs d'enceinte sont invisibles et où le travail agricole reste de mise.

 

Lire l'article complet : Corse : Bagnes d'hier

 

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Francis Lagrange dit 'Flag' : Au cachot 

 

LES BAGNES DES COLONIES :

Les hommes punis

 

'Le bagne est né des galères. Il s'est fixé dans les ports. Il a repris la mer. Il est allé replonger ses racines outre-mer. De bout en bout, c'est une institution maritime. Une prison mouvante entourée par le vide (...)' in Le grand livre du bagne 2002)

'La misère est moins dure au soleil', chantait Aznavour... Pas si sûr, pourtant, que ce fût en Guyanne, en Nouvelle-Calédonie ou à la Réunion pour ces milliers de Bagnards - hommes et femmes - qui y vécurent, y souffrir, et pour beaucoup y laissèrent leur peau. 100 000 personnes environ par les deux bagnes entre 1852 à 1938. Mais que valait alors la peau d'un forçat ?


 

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Chronique du Bagne de Cayenne

 Cayenne c'est fini !

 

"J'ai mission de vous faire vivre une vie nouvelle, en France, vous êtes des criminels, ici, je ne veux voir que des hommes repentants ". Sarda Garriga - 1852 

 

C'est par ces mots que le nouveau Commissaire général - Sarda Garriga - accueillit le 31 mars 1852 les premiers forçats de Guyane:  298 condamnés et trois déportés politiques.

Très vite la plupart furent décimés par les fièvres.Dès lors, et jusqu'en 1946, date de sa fermeture définitive, les camps, pénitenciers, établissements pénitentaires spéciaux (EPS) et colonies agricoles 'fleurirent' un peu partout en Guyane française.  

La liste complète (mais l'est-elle vraiment) en dit long : la Guyane toute entière était un pénitencier.  

(Francis Lagrange dit 'Flag' : En cellule)

 

Sources :

 

Histoire du bagne de Guyane ; Le bagne de Guyane ; Images Plus : Les bagnes de Guyane, Revue d'histoire du XIX° Siècle :Les archives des bagnes de Cayenne et de Nouvelle-Calédonie

 

Lire et écouter :

 

P. Chamoiseau et J-L de Laguarigue (2011) : Bagne

M. Pierre (2007) : Adieu Cayenne ou l’imaginaire du bagne

Pierre Dufour (2006) : Les bagnes de Guyane

Albert Londres (1923), Au bagne

(J. Higelin (1983) : Cayenne c'est fini

Lire et écouter : Les chansons du bagne

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Francis Lagrange - La Réclusion

 Les Iles du Salut

 

Les Iles du Salut sont trois îlots minuscules perdus dans les eaux limoneuses venues de l'Amazone.Trois îles de calvaire pour des millieurs d'hommes qui y furent déportés...

 

Lire l'article complet :  Les Iles du Salut

 

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Le travail dans la jungle - Saint Laurent du Maroni

Saint-Laurent du Maroni

 

La colonie agricole pénitentiaire de Saint Laurent du Maroni devint à partir de 1858 le centre de regroupement pénitencier principal  pour toute la Guyane.Les forçats y étaient soumis aux conditions parfois des plus terribles...

(Illustration : Francis Lagrange : La bricole)

 

Charvein : Le 'Camp de la mort'

 

La voie ferrée de St Laurent à Carvein

Dépendant de Saint Laurent, situé en pleine brousse les détenus y étaient nus. Le taux de mortalité dépassait les 50 %. 

"La pioche sur l’épaule, ils passaient, rien qu’en chair et en os, sous le lourd soleil. Un surveillant, revolver à droite, carabine à gauche, suivait d’un pas pesant...(Albert Londres (1923), Au bagne

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET :

Saint Laurent du Maroni

 

 

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Le Pénitencier de Cayenne et le Phare de l'Enfant perdu

 

Cayenne - Cassage de Rochers par des forçats malgaches

Le Pénitencier de Cayenne fut inauguré en 1863 pour loger les forçats de corvée dans la ville. Ils servaient-là de main d'oeuvre servile, affectée à l'entretien des voies et à l'adduction d'eau.

Au large de la ville, un phare était entretenu par trois bagnards qui y vivaient seuls. Parfois, il arriva qu'on oublie de les ravitailler.

L'un d'eux en mourut de faim...

(Cassage de Rochers par des Forçats malgaches)

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET : 

Cayenne et le Phare de l'Enfant perdu

 

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Un camarade se recueille devant une tombe

(Un camarade se recueille devant une tombe)

 

Mourir au bagne

 

En 1867, la transportation vers la Guyane fut temporairement abandonnée au profit de la Nouvelle-Calédonie, peut-être à cause d'une  mortalité effrayante touchant à la fois les forçats et... leurs gardiens.

Mais, qu'on se rassure, les déportations vers la Guyane reprirent en 1887...

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET :  Mourir au Bagne

 

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Francis Lagrange dit 'Flag' : Rixe au bagne

 

La rixe après le jeu dans une case au Bagne

Crimes et  châtiments

A la dureté de la Nature qui décimait les hommes - bagnards et geôliers -,  se rajouta la violence des hommes : rixes, règlements de compte entre forçats se concluaient souvent à coup de lames et dans le sang. 

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET : 

Crimes et Châtiments

 

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Les Veuves de Guyane

 

Au Bagne, la "Justice" - ici les guillemets sont de rigueur -, pouvait se charger des plus farouches.

Deux guillotines veillaient en Guyane : une à Saint Laurent du Maroni et l'autre sur l'Ile Royale.

 

(La Guillotine de Saint Laurent du Maroni)

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET : 

Les Veuves de Guyane

 

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S'évader...

Les récits des tentatives d'évasions ne manquent pas. Evasions réussies parfois, évasions qui conduirent leurs auteurs à la mort aussi.

 Le plus souvent ceux qui tentaient leur chance étaient repris, punis et envoyés dans des camps plus durs encore.

    (Francis Lagrange - Dans la tempête)

 

Enfin, et c'est une triste réalité du Bagne (comme aujourd'hui des Prisons) : le suicide, ou la folie, restaient pour les plus désespérés, les ultimes moyens pour échapper à leur sort.

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET :  Les hommes qui s'évadèrent

 

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Casimir Prénéfato : le bagne : une case : vie intime du forçat

 

Survivre et puis rester : La misérable "vie" des Relégués

 

Tous ne mouraient pas et peu s'évadèrent. Certains avaient le cuir plus dur que d'autres, ou bien ont-ils eu de la chance : ils survécurent jusqu'à la fin de leur peine. Mais leur calvaire pourtant ne s'arrêtait pas là.

 

Le 'doublage' et la 'relégation'

 

St Laurent du Maroni - en mémoire des Bagnards de Guyane

Le 'doublage' consistait à une sorte de double peine : les condamnés à une peine de cinq à sept ans de travaux forcés (en dessous de cinq ans, ils demeuraient en prison en France) devaient, à la fin de leur peine, demeurer en Guyane pour un temps au moins égal à celui de leur condamnation.

Un autre 'bagne' commençait souvent alors pour eux. Tant qu'ils dépendaient de l'Administration pénitentiaire, certes, ils vivaient dans une promiscuité épouvantable, mais il avait un toit.

 

LIRE LA SUITE : 

La misérable 'vie' des Relégués

 

(St Laurent du Maroni - en mémoire des Bagnards de Guyane)

 

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La mort lente du Bagne de Guyane

 

Les Bagnes ferment leurs grilles

Si, dès 1923, Albert Londres alerte l'opinion publique sur le sort des bagnards de Guyane, il faudra attendre plus de vingt ans pour qu'enfin le Bagne de Guyane soit définitivement fermé.

En 1931 2 le bagne de Nouvelle Calédonie ferme, ou plutôt ouvre ses portes pour la dernière fois. 

En juin 1938 un décret-loi stipule la suppression de la transportation en Guyane. Pourtant, le 22 novembre de cette même année, un  dernier convoi de transportés à destination de la Guyane qui la Métropole. A son bord encore 666 relégués. 

 

Ce n'est qu'en 1946 qu'interviendra la fermeture définitive du bagne de Guyane. Cet été-là, le 17 août, débarquent à Marseille près de cent cinquante détenus en provenance de Guyane. Juste 'retour des choses', puisque tout avait commencé là, deux siècles et demi auparavant.

 

La plupart seront grâciés, les autres finiront leur peine en Métropole, pour quelques uns aux Baumettes qui avaient été bâties quelques années avant : gouverver c'est prévoir !  Les rapatriements s'échelonneront jusqu'en 1953. 

 

Un an plus tôt, ailleurs en Europe, d'autres camps avaient, de leur côté, clos une page de la Grande histoire de l'Infamie...

 

Francis Lagrange - La Réclusion

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Cayenne : Repères bibliographiques

 

Michel Pierre (2000) : Bagnards - La terre de la grande punition

Cayenne 1852 - 1953

 

Les premiers condamnés arrivèrent en 1852, les derniers en 1938. Transportés, relégués ou déportés, ils furent près de 70 000 à subir leur peine en Guyane, relevant tous d'une loi différente. Leur univers pénitentiaire : une étendue de terre du Maroni à l'Oyapock, non loin de l'équateur, en bordure de la forêt amazonienne, entre Surinam et Brésil.

Leurs bagnes s'appelaient Cayenne, les îles du Salut, Kourou, Saint-Laurent, Saint-Jean, Charvein....

Commencé dans l'utopie du rachat par le travail forcé, le siècle des bagnards se poursuit par la seule volonté d'exclure, d'exiler, d'éliminer, et s'achève dans un bilan tragique...

 

Lire la suite : Autrement : Michel Pierre : Bagnards

 

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A lire aussi

 

Le grand Livre du Bagne

Stephen Toth (2011) : Bagne - Guyane, Nouvelle-Calédonie 1854-1952

Eric Fougère (2002) Le grand Livre du Bagne

Eric Fougère (2002) : Île-prison, bagne et déportation ;

Patrik Barberis (2002) : Les ombres du bagne ; 

Retrouver une bibliographie plus complète : bagne-guyane.com

 

 

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Nouvelle-Calédonie : Le bagne oublié

 

'Un bagne oublié, parce que tellement loin et tellement objet de honte...' 

De l'Ile de Nou, l'Ile des pins, la presqu'île Ducos, Bourail. Des noms qui ne nous disent rien...

Les "Chapeaux de paille"... forçats du Pacifique


Les 250 premiers « Transportés » arrivent à Port-de-France (Nouméa) en 1864 à bord de du vaisseau-prison L'Iphigénie. En tout, 75 convois amèneront, entre 1864 et 1897, environ 21 630 bagnards : transportés, déportés et relégués sur cette "Nouvelle" terre de bagne...

 

 

 
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Les Damnés du Bagne
 


Il existait plusieurs catégories de bagnards. Tous n'étaient pas logés à la même enseigne. Parmi ces 'damnés de la Terre', il y en avait des plus damnés encore : les forçats de quatrième et de cinquième catégorie. Ceux à qui l'Administration pénitentiaire réservée le pire. Ils étaient pour la plupart détenus au terrible Camp Brun, astreints au silence - comme ceux de Saint Joseph en Guyane. 

Il ne reste aujourd'hui aucune trace de cet enfer, ni rien de ces hommes et de ces femmes.

 
 
 
 
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Louise Michel, déportée en Nouvelle-Calédonie de 1873 à 1880

 
 
Les Déportés de la Commune... et d'ailleurs
 
 
La Nouvelle-Calédonie, fut avec les bagnes de Guyage la destination des forçats de droit commun, mais aussi de nombreux opposants politiques que le Second Empire puis la III° République déportèrent là-bas, au bout du monde.

À partir de 1872 et jusqu'aux amnisties de 1880, plus de 1000 insurgés de la Commune de Paris, des hommes et des femmes, furent ainsi déportés en Nouvelle-Calédonie

 

Lire l'article complet : 

Nouvelle-Calédonie : Les Déportés de la Commune

 

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Les trois types habitants l'Ile des Pins

 

Les Arabes et Kabyles du Pacifique
 

Parmi les déportés de Nouvelle-Calédonie, il y eut aussi des Rebelles de l'Algérie nouvellement conquise : Arabes, Berbères et Kabyles, dont l'Histoire fut longtemps oubliée...

 

Lire l'article complet : 

Nouvelle-Calédonie : Les Arabes et Kabyles du Pacifique

 

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LES BAGNARD(E)S

Figures de forçats, exilés et déportés...

 

Des hommes, des femmes aussi, des âmes perdues pour la plupart sont passés par là - parfois aussi, ils y ont trépassé. La majorité, était des inconnus, des noms sur des listes, des matricules et des dates.

Seulement 0,4% étaient considérés comme ayant reçu une "instruction supérieure" (à ramener aux 5% de la population française ainsi catégorisés à cette époque).

C'était ''un monde de prolétaires, de laissés pour compte de l'enseignement et de la société, un monde de pauvres que celui des transportés et relégués de Guyane".

 

Source : Michel Pierre, archives départementale de la Guyane

 

Quelques-uns, dans cette multitude sont devenus célèbres. Parfois, ils ont écrit leur récit, d'autres fois ce sont d'autres qui les y ont aidés. Parfois, même ont-ils eu leur film au box-office. Souffrances de jours et d'années accumulés, résumées en une heure-et-demie sur une bobine cinématographiques ou quelques dizaines, quelques centaines de pages de mots alignés.

 

Lire : 

Henry Marty et Philippe Martinez (2012) : Les derniers forçats : hommage à tous les forçats anonymes, ceux qui ne laisseront pas leur nom dans mon blog...

Criminocorpus : La vie au bagne, Lettres de détenus réunies par Hélène Taillemite

 

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Figures de Bagnard(e)s :  Les Forçats

 

Aux bagnes, les condamnés de droits communs, les "Forçats", étaient les plus nombreux, les plus maltraités et condamnés aux travaux forcés. Pourtant, ce sont eux qui ont laissé le moins de témoignages, comparés aux écrits rappportés par les 'déportés politiques'...


 Lire quelques uns de leurs récits :

Vidocq, Paul Roussenq, Raymond Vaudé
 

 

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L'Affaire Seznec

"Il vaut mieux innocenter la Justice qu'innocenter les Innocents"

 

Guillaume Seznec est condamné pour meurtre en 1924, crime qu'il a toujours nié. Il quitte la France pour la Guyane à bord de La Martinière le 7 avril 1927. A la fermeture du bagne de Guyane, il bénéficie d'une remise de peine et rentre en France en 1947. Il décède en 1954.

La commission de révision des condamnations pénales accepte en 2005, de réouvrir le dossier de la condamnation pour meurtre de Guillaume Seznec.

En 2006, cette demande est rejetée. Pour la Justice, l'affaire est close.

 

Lire l'article complet L'Affaire Seznec

 

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Le Capitaine Dreyfus déporté à l'Ile du Diable

 

Les Archipels français du Goulag
Les déportés politiques
 

Dès la Révolution française les colonies ont servi à la déportation politique des 'ennemis intérieurs' de la France. Après une première 'vague' de déportations : celle des prêtres réfractaires, des proscrits et déportés politiques de la Révolution et du Premier Empire, ce furent ensuite le tour des opposants du Second Empire et de la République : Révolutionnaires, Communards, Traitres et Anarchistes.

Pour les distinguer des bagnards de droit commun, on leur donna le nom de déportés. 
Ils furent Combien ? vers la Nouvelle-Calédonie, et puis, lorsque l'exil vers les bagnes néo-calédoniens fut définitivement interrompu, en 1897, il n'y eut plus pour eux qu'une destination possible : la Guyane...

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET : Les déportés politiques

 

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Le bal des Anars...

 

Après l'épisode sanglant de la Commune, c'est prioritairement en Guyane que la République envoya ses condamnés pour raison d'Etat. Parmi eux, de nombreux Anarchistes, plus ou moins coupables, qu'on envoyait valser à Cayenne...

 

Lire les récits de  :

Marius Jacob, Clément Duval, Jacob Law,

et d'autres anarchistes envoyés au Bagne

 

 

 

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Les Bagnardes

 

Au XIX° siècle et jusquau début du XX°, des centaines de femmes furent exilées vers les bagne des colonies. C'est vers la Guyane d'abord puis ensuite en Nouvelle-Calédonie que la France déporta ces femmes de mauvaise vie : filles des rues ou militantes anarchistes, qu'importe ! puisqu'elles représentaient une menace pour la société...

 
'L’article 4 de la loi du 30 mai 1854 stipulait : « les femmes condamnées aux travaux forcés pourront être conduites dans des établissements créés aux colonies ». (...) À partir de 1885 et de la loi sur la « relégation », les femmes n’ont plus le choix : on les envoie de force, plus pour débarrasser la métropole que pour peupler les colonies...' La femme au bagne

 

LIRE L'ARTICLE COMPLET : 

CHRONIQUES DU BAGNE : LES BAGNARDES

 

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L'Institut Théophile Roussel à Montesson était aussi un bagne d'enfants (1934)

Photo : Patrimoine carcéral des régions françaises - Cliquez sur l'image pour en savoir plus

 

Les Enfants du Bagne 

Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

 

"Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s’est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant...
"
(Jacques Prévert - Lire le poème en entier)
 

Lire l'article dans son intégralité : 

Les Enfants du Bagne (1) : Belle-Ile-en-Mer et la Chasse aux Chenapans

 

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Les "colonies agricoles"

 

Mettray, Saint Maurice, Saint-Antoine... Des noms bien poétiques, en somme : ce furent-là pourtant que des enfants incarcérés grandirent, souffrirent et pour certains périrent...

"J’ai 13 ans et c’est ainsi qu’on me nomme, moi,  Louis Victor Godineau.né à Bouzillé dans le Maine et Loire, en septembre 1886. J’ai grandi à Nantes, rue Richet.  Louis Victor mon père et Félicité Esseuil ma mère sont de bons parents, mais moi c’est autre chose, je suis bagarreur, j’ai mauvais caractère et de mauvaises mœurs, mais je ne suis pas bête. C’est le juge qui l’a dit !..."

 

Lire l'intégralité de l'article :

Les Enfants du Bagne (2) : Les "colonies agricoles"

 

Lire aussi : Le Blog de Philippe Poisson : Javerlhac : c'était un bagne d'enfants

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Jean Genêt (1946) : Miracle de la Rose

 

Dans un style éblouissant, Genêt, dans ce chef-d'œuvre, le dernier écrit en prison, en fait encore un hymne à cette vie de reclus qui a marqué profondément son existence et dont est sortie toute une mystique.

« Miracle de la Rose », dans lequel Genet évoque les souvenirs de sa détention à l'âge de seize ans à la Colonie Pénitentiaire de Mettray, « à l'endroit le plus beau de la plus belle Touraine » est avant tout un document implacable sur ce bagne d'enfants et le roman de ces adolescents violents et passionnés, condamnés à vivre enfermés dans un univers clos et féroce.
 

Pour en savoir plus : 

Jean Genêt (1946) : Miracle de la Rose

 

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Rédigé par Bruno des Baumettes

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