journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille
19 Février 2014
Sylvain Ricard et Olivier Thomas (2012) : Biribi
Quis custodiet ipsos custodes ? Juvenal*
(*Qui gardera les gardiens ?)
L'Enfer disciplinaire
L'armée a su aussi organiser l'Enfer pour ses propres recrues, les plus rétives, y compris les déserteurs. Même sans la guerre, même sans aucun ennemi, l'armée (de terre ou bien la Royale) a su trouver les moyens de torturer des hommes et de les faire mourir.
Y a-t-il eu des bagnes pour les surveillants de prisons ? L'Administration pénitentaire a-t-elle eu l'idée de faire de même pour ses méchants matons ? Non, bien sûr, car qui alors : qui garderait les gardiens ?
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'Les punitions étaient fréquentes au Bagne maritime du Havre' - Source : Philippe Poisson
Le Bagne maritime du Havre
En 1798, le Bagne maritime du Havre accueille ses premiers forçats : des soldats-marins accusés de délits pendant leur service. Les conditions sont terribles : peines de fers, enchaînés par deux, ils se trouvent contraints aux travaux forcés pour le compte de l’État.
La municipalité du Havre tire profit de cette situation. Les responsables politiques et hommes d’affaires licencient les journaliers qui travaillent sur l’arsenal pour y faire venir les bagnards dont la main-d’œuvre ne coûte quasiment rien.
En 1802, Bonaparte signe un décret autorisant la fermeture définitive du lieu. Mais la Marine exige alors que des cellules soient réservées au seul usage de ses détenus au sein de la maison d'arrêt du Havre.
Le bagne du Havre est définitivement détruit en 1837.
Source : Olivier Bassine : Au temps du bagne maritime du Havre (1) ; et (2)
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Biribi : Dante n'avait rien vu
Sylvain Ricard et Olivier Thomas (2012) : Biribi
Biribi n'est pas un lieu particulier. Il s'agissait de compagnies disciplinaires et d'établissements pénitentiaires d'Afrique du Nord, alors colonie française. on y envoyait les fortes têtes, les indisciplinés, les condamnés des conseils de guerre, les jeunes qui sortaient de prison, mais aussi parfois les opposants politiques, les homosexuels ou les faibles d’esprit.
Ces centres disciplinaires pouvaient accueillir jusqu'à 15.000 prisonniers. L'arbitraire de la 'justice' militaire arbitraire y régnait. La violence, les punitions et les châtiments inhumains étaient monnaie courante...
Source : Dominique Kalifa (2009) : Biribi
A lire aussi : Albert Londres (1924) : Dante n'avait rien vu : Biribi

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Toujours des bagnes militaires ?
Laissez-moi rire !
Henry Allainmat (2013) : Le bagne de la légion

À quelques kilomètres de Corte, la Légion étrangère a installé sa "Section d'épreuve". Celle-ci est réservée aux légionnaires coupables de fautes graves : désertion, vol d'armes, injures à officiers, et d'une manière plus générale, aux récalcitrants, à ceux qui, malgré l'impossibilité de rompre leur engagement, ne peuvent plus supporter la discipline de ce corps. Une trentaine de détenus peuplent ce camp très particulier. Certains meurent, d'autres deviennent fous.
Pour en savoir plus : H. Allainmat : Le bagne de la légion
A lire aussi : Henry Allainmatt (1977) : L'épreuve