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journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes

De grandes entreprises comme la Banque Santander, Telefónica et ACS, et de nombreuses municipalités, profitent du travail, peu rémunérés, de milliers de prisonniers dans les prisons espagnoles....

 

Un monde de magouilles


La question des prisons en Espagne est un sujet tabou, que très peu de personnes, à l'exception de ceux qui ont des proches à l'intérieur, en connaît la réalité.

Comme dans notre monde, , il y en a toujours qui, profitant de la souffrance des autres, en tire le maximum de profit économique.

 

C'est ce qui se passe aussi derrière les murs des prisons. Les prisonniers sont devenus les nouveaux esclaves du XXI ème siècle parce que le Droit est souvent piétiné derrière ces murs-là...

 

Un sujet Tabou

Une centaine d'entreprises, cinq cents clients...

 

Le lucratif business des prisons a été dénoncée dans de nombreux forums sur Internet, par des groupes radicaux de soutien aux détenus, par des publications de prisonniers eux-mêmes et par des blogs. Mais toujours avec peu d'impact.

 

Les médias diffusent rarement des informations qui jettent le doute sur l'institution pénitentiaire. Mais à présent, lentement, essentiellement par le témoignage des prisonniers et des organisations humanitaires ou de soutien aux prisonniers, l'information est en train d'émerger à la surface...

 

Matilla Valentin Gonzalez, un ancien prisonnier qui a passé trois ans à Villabona (dans les Asturies), libéré en  2013, déclare :  « Il y a des ateliers de travail dans toutes les prisons, mais seulement quelques-uns sont considérés comme "productif" parce destinés à la production pour des grandes entreprises...». Matilla a pu ainsi rencontré de nombreux prisonniers venus d'autres prisons espagnoles et décrit la main mise de ces entreprises dans le milieu carcéral.

 

"Comment les grandes entreprises bénéfient d'une main d'oeuvre esclave des prisons espagnoles"

 

L'exemple de la Banque Santander

 

La Banque Santander -une des plus importante d'Espagne, bénéficie également d'un monopole parce que les prisonniers ne peuvent que placer leurs maigres économies que sur un compte géré par cette banque. Même si des transferts d'argent leur sont faits de l'extérieur, ceux-ci ne peuvent être passer que grâce à cette banque.

On délivre à chaque détenu une carte liée à la Banque Santander. Ils peuvent ainsi faire rentrer un maximum hebdomadaire de 100 euros, qui se produit habituellement le mercredi. Si, par exemple, le versement est réalisé un jeud, il ne sera crédité au détenu que le mercredi suivant ! 

On peut imaginer les profits que des entreprises comme la Banque Santander réalisé grâce à l'argent de tous les prisonniers de l'Espagne durant les quelques jours où cet argent est bloqué...

 

 

Des municipalités dans le coup

 

Au "Centre pour l'intégration sociale" de la prison de  Villabona (Asturies), les détenu(e)s travaillant dans le secteur du nettoyage reçoivent une indemnité de 150 euros par mois.

Plus encore : il y a une soi-disant "formation de jardinage" - non rémunérée - où les détenus sont envoyés pour travailler comme des employés municipaux. Ceci au travers d'accords signés entre les prisons et de nombreuses municipalités. Et, paraît-il doivent même participer au paiement pour le transport.

Ainsi, théoriquement, les prisonniers travaillent dans un atelier de formation pour apprendre un métier, puis réintégrer la population active, mais en réalité, ils ne sont que de la main d'oeuvre servant à effectuer des tâches sans recevoir aucune formation. Pas un seul formateur pour les encadrer, mais par groupes de trois ou quatre, il accompagnés par un employé municipal qui leur distribue le travail à faire...

 

Des fonctionnaires potentats


Ce ne sont pas seulement les employeurs qui tirent profit de ce business. Beaucoup de responsables pénitentiaires bénéficient également du système, dont la philosophie officiellement est, bien sûr, non d'exploiter prisonniers mais de les "intégrer dans le monde du travail."

Certains y trouvent des avantages et vivent comme des rois, participant et organisant l'exploitation des détenus...

 

Source de l'article : Atlántica XXI (10/11/14) : 

El negocio oculto de las cárceles españolas
 

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A leer (à lire en espagnol)...

 

 

Amadeu Casellas (2014) :  Un reflet de la société

Chronique d'une expérience dans les prisons de la démocratie"

Amadeu Casellas a été emprisonné dans les geôles espagnoles pendant plus de vingt cinq ans, a publié un ouvrage où il n'hésite pas à dénoncer ces cartels qui se font du fric sur le dos des détenus.

Parmi ceux-là : le Pujol-Ferrusola, Telefonica, El Corte Ingles, ACS, Banco Santander et municipalités associées à ce trafic de travail sous-payé dans toute l'Espagne...

 

 

Y a escuchar (à écouter) :

 

 

Et pour lire un point de vue différent ou complémentaire...

 

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Idoya Ranzón (2009) La Liberté est à l'intérieur

Histoire depuis la prison

 

L'Unité thérapeutique et de l'éducation de la prison de Villabona (Asturies) est un modèle alternatif à la prison traditionnelle où l'objectif est de ne pas punir les prisonniers pour leurs crimes, mais leur donner une chance de racheter.

Le journaliste et criminologue Idoya Ronzon a interviewé dix prisonniers de l'UTE pour eux d'expliquer leur histoire.

Beaucoup de prisonniers disent que lors de l'entrée en prison ont perdu leur liberté, mais l'ont récupéré là. Pour cette raison, un peu paradoxalement, parfois la liberté est à l'intérieur...

 

Pour en savoir plus : Llegir en cas d'incendi (juin 2011) - En espagnol

 

A lire aussi : 

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