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brunodesbaumettes.overblog.com

journal d'un détenu au quartier des "Isolés" - Prison des Baumettes à Marseille

Publié par Bruno des Baumettes

 

Dominique Grange (2004)  La voix des prisons

 

Extrait de l'album : 'L'utopie toujours' - illustrations de Tardi

 

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ACTUALITE - ACTUALITE - ACTUALITE - ACTUALITE

 

 

 

Juin 2015 : Guyane - La Prison de Rémire-Montjoly en ébulition

"Nous ne voulons pas de violences. Juste manifester pacifiquement notre désespoir"

 

189 Détenus ont bloqué la prison

 

Le ton est monté d’un cran à la prison de Rémire-Montjoly. La moitié des détenus des trois maisons d’arrêt ont protesté contre leurs « conditions de vie et d’hygiène ».

Emboîtant ainsi le pas aux détenus du centre de détention, qui avaient mis sens dessus-dessous le centre pénitentiaire mardi pendant près de quatre heures. 

 

Cette révolte, plus musclée, n’a cependant fait que « trois blessés légers » parmi les détenus des suites de bagarres internes selon les autorités. « Quatre détenus ont été mis en garde à vue » à l’issue des incidents a rapporté le procureur...

 

Les conditions d’incarcération épinglées par l’Observatoire international des prisons

 

En juillet 2012, l’observatoire international des prisons avait rendu public plus d’une cinquantaine de lettre de détenus de Rémire-Montjoly qui lui avaient écrit « afin d’obtenir de l’aide pour engager des recours contre l’État au regard des conditions de détention qui leur sont imposées ».

Parmi les témoignages, certains dénonçaient : « l’odeur insupportable », l’absence d’hygiène, l’insécurité dans les parties communes, le manque de travail et d’activités ou encore que les parloirs « ressemblent à des chambres froides pas lavées ».

 

Sources :

Guyaweb (18/06/15)

Observatoire international des Prisons (juin 2015) : 

Mouvement collectif de détenus à Remire-Montjoly 

 

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Des Révolutions ?... Non, des révoltes seulement

 

Lien vers : http://www.infokiosques.net/IMG/pdf/y_a_du_baston_dans_la_taule_vol1_A5.pdf

Le 15 janvier 1983, à Fleury-Mérogis, 41 détenus se coupent les veines pour demander des parloirs libres, l’abolition du mitard et du prétoire, et la reconnaissance du droit d’association...

De tout temps les prisons ont connu des révoltes. Des révolutions ? non..., qu'on se rassure : des mutineries seulement...

Des mutineries parfois pour pas grand chose, pour presque rien, presque toujours parce que ces foutus détenus ne se contentaient plus de l'ordinaire : conditions de détention déplorables, brimades, cachots, manque de nourriture parfois...

Voilà, pour pas grand chose en somme, pour presque rien.Le plus possible passées sous silence par les Autorités carcérales, ces révoltes ont été le plus souvent réprimées avec la plus dure sévérité...

(Ya du baston dans la taule - Volume 1 - cliquez sur l'image)        

 

Difficile de faire l'historique de ces cris de révoltes qui se sont répandus, qui se sont répondus, d'échos en échos, de prisons en prisons, de cellules en cellules, de mitards en cachots...

 

Les Baumettes : Histoires de se mutiner

D'autres Prisons, d'autres révoltes

Si tous les Mutinés du Monde :
Mutineries oubliées et prisons du bout du monde

Ciné-Mutins : Y'a du baston dans la Taule !

 

 

 

Les ERIS (Equipe Régionale d'Intervention et de Sécurité)

 

 

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Mutinerie aux Baumettes - 1983

 

Les Baumettes : Histoires de se mutiner

 

La Prison des Baumettes a connu elles aussi des rébellions, des émeutes, des révoltes, des mutineries...

 

Difficile de retracer leur histoire, souvent cachée par 'pudeur' ou censure...

 

Peu de traces donc...

 

BREF HISTORIQUE

1973 : Révolte contre les conditions de détention

1983 : 300 détenus montent sur les toits pour demander l'installation de parloirs libres et l'amélioration des conditions de détention se termine par  l' intervention des CRS : 12 détenus sont blessés. Les parloirs sont refusés aux familles et les remises de peine pour bonne conduite annulées

1987 : La Grande mutinerie (16 juillet et 13 août)

1989 : 650 détenus refusent de remonter de promenade, protestant contre l’insuffisance des mesures d’amnistie et des réductions de peine.

1991 : 200 détenus refusent de remonter de  promenade, protestant contre les règles de discipline.

 

Sources :

Une histoire succincte des luttes anti-carcérales depuis l'intérieur des prisons

 

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La mutinerie de 1987 à la Prison des Baumettes

Une mutinerie en (au moins) deux épisodes.

 

Le 16 juillet 1987, aux Baumettes, 100 détenus du centre pénitentiaire montent sur les toits pendant quatre heures, brûlent un atelier de menuiserie et détruisent le bâtiment B. Le lendemain, toute la prison se mobilise.

 

Le 13 août, des clefs sont dérobées, des cellules saccagées, avant que n’interviennent les forces de l’ordre, provoquant des affrontements... (1)

 

Source : (1) LoÏc Delbaere, (2002), "Le système pénitentiaire à travers les luttes des détenus de 1970 à 1987" in Ban Public

 

Voici, présentés ci-dessus, deux témoignages sur ces deux événements, l'un vu du côté d'un détenu, l'autre - pour faire 'bonne mesure' -, vu du côté d'un surveillant...

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© DOMINIQUE FAGET / AFP

 

Baumettes : Juillet 1987 - Témoignage d'un détenu

 

'Le jeudi 16 juillet 1987 aux Baumettes, ce n’est pas 40, 50 ou 60 détenus qui se sont révoltés pour se vider de la haine dont on les ait emplis, mais 600 ou 700, car les 200 détenus que vous avez vus à la télévision, sur les toits des bâtiments A et B, et sur les toits des coursives des promenades, ne représentaient qu’une partie des mutins.

 

A l’intérieur du bâtiment B où il n’y avait plus de surveillants, tous les détenus étaient hors de cellule. L’explosion des Baumettes est celle de 55 000 détenus des prisons françaises, elle représente le ras-le-bol de tous les détenus.

 

Ce n’est pas la prison qui est en cause, c’est le système, la justice et la police qui en sont les causes. Répression, répression est le seul mot qu’ils connaissent, prévention et aide à la réinsertion, ils ne connaissent pas. Ils savent très bien qu’en plaçant 55 000 détenus dans des établissements qui ne peuvent en contenir que 32 000, ils amorcent la mèche qui va tout faire sauter.

 

Politique, pouvoir, individu, qui se cache derrière tout cela ? Là est la question, qui peut tirer les marrons du feu sans se salir ou se brûler ? Finalement, à la haine répond la violence, qui engendre les mutineries carcérales. Les révoltés vont encore subir les contre-coups des mêmes coupables, justice, police, pouvoir. On dit que tout délit mérite châtiment, j’en connais beaucoup, des délits qui restent impunis. Pourtant justice et police eux aussi sont au courant.

 

Alors pourquoi la France, pays démocratique, a-t-elle une justice de classe ? Que veulent dire ces beaux mots, liberté, égalité, fraternité ? (...)'

 

Source : 'Une histoire succincte des luttes anticarcérales depuis l'intérieur des prisons', Textes de prisonniers   

Lire la suite sur :

HISTOIRE(S) DES BAUMETTES

 

Dans la soirée du 18 juillet, la CRS 54, présente dans la prison pour « garder » les prisonniers, se livre à des violences contre les détenus : coups, humiliations, tabassages, saccage des affaires personnelles, insultes, etc., qui se prolongèrent toute une partie de la nuit.

 

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Le 13 août 87, des détenus s’emparent de clés et saccagent des cellules. Des affrontements avec les forces de répression s’ensuivent. La répression est violente, il y a officiellement dix-neuf blessés. Ils réclament l’amélioration des conditions de détention - et, en particulier, des douches supplémentaires
 

Baumettes - 13 août 1987 – Témoignage d'un maton

 

Voilà..., ce que je vais vous décrire, c'est ce que j’ai vécu pendant la grande mutinerie de 1987 aux Baumettes : les émeutes de la honte. Je n’étais encore que simple surveillant...

 

A l'intérieur des prisonsSur les toits fumants des Baumettes, ils étaient montés : masqués et grimés. Ils réclamaient plus de parloirs, des meilleures conditions de détention, plus de liberté. Après qu'ils ont crû triompher, le retour de bâton fut terrible.


L'ambiance était électrique...


Lorsque je suis rentré dans les coursives encore fumantes du bâtiment A, c'était comme après un bombardement. Ça sentait le brûlé partout, une odeur âcre nous prenait à la gorge. Devant nos yeux un spectacle de désolation, des fumerolles s'élevaient un peu de partout.

 

A l'intérieur, les portes avaient été arrachées, renversées, les grilles étaient tordues comme de simples bouts de fer. La rage semblait avoir multiplié leurs forces : il ne restait plus rien debout. La vision du désastre me serra le cœur. Un profond malaise nous envahit de voir ainsi anéanti notre prison, une prison qui, de toute façon, devait continuer à fonctionner.


L'ambiance était électrique, mélange de révolte, d'un côté et de revanche de l'autre. Les détenus venaient d'avoir eu leur heure de gloire, s'affichant à toutes les éditions des journaux télévisés, sur les grandes chaînes nationales.


Et puis, une charge de CRS les a matés...


A l'intérieur des prisonsAprès la reddition, les détenus furent entassés à neuf ou dix par cellule, dans les quelques cellules encore utilisables.


Le malheur dans cette révolte, ce furent tous les actes incontrôlables. Dans le déchaînement de violence, ils avaient tout cassé, y compris le matériel qui devait faciliter leur détention. Ils avaient mis le feu à la comptabilité des cantines. Ils se privaient ainsi pour plusieurs jours de la distribution du précieux tabac et de tout le reste. Maintenant ils se retrouvaient dans un chaos pire qu'auparavant.

 

Il fallut plusieurs mois à l'Administration pénitentiaire pour tout remettre en route. Et puis, petit à petit, le cours de la vie carcérale a repris le dessus, mais toujours dans nos têtes, l'idée d'un 'avant' et d'un 'après'. Les blessures de part et d'autre ont eu du mal à se refermer.


Alignés, nus, nous les avons fouillés


Des CRS avec des chiens nous accompagnaient. Nous les avons fait descendre pour tous les fouiller. Je me souviens de ce berger allemand lâché par un CRS sur un détenu qui ne courait pas assez vite, il fallait qu’il suivent les autres détenus au pas de charge... gare à celui qui traînait ! Le chien lui broya la jambe sous les encouragements du personnel : "Bouffe-moi cette merde"... Je me souviens encore de cette phrase immonde dite par un de mes collègues surveillants.


Je me souviens ensuite que nous l'avons amené jusqu'à l'infirmerie. Le type criait et tremblait.



'Ils étaient des milliers, nus et maigres tremblant...' J. Ferrat


A l'intérieur des prisonsAu rez-de-chaussée, les mutins étaient alignés par rangées de dix ou quinze. Nous avions ordre d'effectuer une fouille au corps. Et s'ils ne se déshabillaient pas assez vite les CRS étaient là, prêts à lâcher leurs chiens.


Ils ont dû écarter les jambes. Nus, à poil, ils offraient à notre vue toute leur intimité. Et s'ils ne se pliaient pas assez vite, c'est des coups de bâtons qu'ils se prenaient, y compris des coups sur le sexe...


C'était comme une vengeance mais officiellement, c'était pour des raisons de sécurité. Nous les mettions à poil, à poil pour les humilier. Il fallait leur montrer qu'ils n'avaient plus intérêt à se révolter.

 

C'était comme une vengeance...


Nous avons ensuite reçu l'ordre de fouiller toutes les cellules, et de jeter tout ce qui était 'inutile'... L'inutile ? c'est-à-dire l'essentiel pour eux : beaucoup de leurs objets personnels. Ainsi à la désolation de mutins, nous rajoutions le nôtre. Nous avons dévasté les cellules par des fouilles approfondies qui ne leur laissaient presque rien.


C'était comme une vengeance : "Puisque vous avez voulu vous révolter, on va vous montrer, on va vous mater...". Dans ces moments-là je me suis senti comme spectateur. Mon corps était bien là, j'accomplissais moi aussi ce travail (bien que j'en enlevais le minimum), mais dans ma tête, je ne pouvais pas cautionner ce que nous faisions.


Nous nous mettions à la même hauteur des plus vils malfrats. Nous nous abaissions. Ces détenus nus, alignés ainsi par rangée, me rappelaient trop d'autres horreurs, d'autres images, d'autres époques... J’étais là, bien présent, mais je ne participais pas à la scène. J’étais un spectateur 'privilégié', ou plutôt un spectateur 'obligé' des dérives de mon Administration.


A quoi ça sert de se révolter ?


A l'intérieur des prisonsJ'ai gardé une impression amère de ces événements. Trop d'exactions et de saccages d'un côté, et, de l'autre, trop d'actes indignes commis de la part des forces de l'ordre et du personnel pénitentiaire...

Après, ce fut la reprise en main de tous ces 'voyous'. Dans les jours qui ont suivi, le trop-plein de frustration trop souvent retenue, trop longtemps retenue s'est déversé. Certains de mes collègues ont sérieusement 'dérapé'... Tabassages à tort et à travers de certains détenus pour des fautes bénignes...


Aujourd'hui, en cet été 2013 où des mutineries ont lieu dans différentes prisons, je m'interroge.

A quoi servent ces révoltes ? Elles continuent, elles sont réprimées avec autant de force : les détenus perdent plus qu’ils ne gagnent.



Bien sûr, il y aura quelques entrefilets dans les journaux, une brève info au vingt heures à la télé. De toute façon, tous ces mouvements seront matés et les détenus se retrouveront encore plus brimés. Souvent ensuite, ils seront transférés vers d'autres centres pénitentiaires, pour éviter la contagion.


Voilà..., c'est ainsi que j’ai vécu la grande mutinerie de 1987 aux Baumettes : les émeutes de la honte. Je n’étais encore que simple surveillant...

 

Alain H., ancien maton des Baumettes.

 

Retrouvez la page d'Alain H. super-maton  : PAROLES DE MATON - 

 

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(Photo @ Michel Foucault)

 

D'autres Prisons, d'autres Révoltes

 

Il ne peut être questions ici de faire le récit de toutes les mutineries, celles connues à ce jour, dans toutes les prisons du monde. (Bien d'autres encore ont été passées sous les boisseaux de la censure et réduites à jamais à l'oubli). Il sera mis ici l'accent sur quelques unes de ces révoltes, en ce quelles ont eu d'"emblématiques"...

 

Clairvaux 1971-2006 : Crimes, prises d'otages, évasions et mutineries

 

1971 : mutinerie à la Prison de Ney de Toul

1972 : mutinerie à la Prison Charles III de Nancy

1974 : mutinerie à la Prison de Loos les Lille

1987 : La fièvre des Prisons (Fleury, Saint-Maur,...)

1988 : mutinerie à la Maison centrale d'Ensisheim (Haut Rhin)

 

2012 : Protestations à la Prison de Roanne

Janvier 2013 - Dijon : Quand ils jouent à : 'bouh ! fais-moi peur...'

2013 : Les Mutinerie de l'Eté

Blois 2013 - L'avènement du Web

Décembre 2013 : Dégâts à Argentan

Mutineries en temps de guerre

 

Les mutineries sont-elles des révoltes politiques ?

Mutineries et avancées sociales

 

Si tous les Mutinés du Monde... :

Mutineries oubliées et Prisons du bout du monde

 

Et enfin, une page émotion : CINE-MUTINS

 

Sûrement faudra-t-il élargir cette réflexion :

 

ECRIVEZ ! TEMOIGNEZ !

 

(Photo @ Michel Foucault)

 

Pour aller plus loin :

Ban Public : mot-clé Mutinerie

Antoinette Chauvenet (2003) : Guerre et paix en prison

Loïc Delbaere (2002) : Le système pénitentiaire à travers les luttes des détenus de 1970 à 1987

 

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Mutinerie à Clairvaux

 

Clairvaux 1971 - 2006 - Crimes, prises d'otages, évasion et mutineries

 

Le 21 septembre 1971...

 

Les détenus Bontems et Buffet égorgent deux otages au sein de la Prison. Ils seront condamnés à mort et exécutés l'année suivante.

L'opinion est horrifiée. Par mesure de rétorsion, les colis de Noël adressés par les familles sont supprimés pour tous les détenus de France. Les personnels pénitentiaires, partout en France, en garderont un grand traumatisme.

 

Ce drame atroce, ce crime commis par deux détenus désespérés et sans pitié, révèle au grand public la violence qui règne à l'intérieur des Prisons. Peut-être une prise de conscience ? Ce n'est pas sûr...

Les mesures de rétorsion imposées alors aux détenus de toutes les prisons par le Ministre de la Justice de l'époque vont déclencher une vague d'émeutes et de mutineries à travers le pays.

 

 

Le 18 juillet 1974...

 

Les détenus se mobilisent pour réclamer la levée du mitard infligé à deux détenus à la suite d’une altercation.

La révolte éclate, les surveillants s’enfuient : 400 détenus se mutinent. Les ateliers sont entièrement brûlés.

Deux détenus sont tués par les forces de l’ordre lors de la répression.

 

La maison centrale est totalement dévastée. L’agitation va alors s’étendre très vite à l’ensemble des prisons françaises (Caen, Fresnes, la Santé ; le point culminant sera à Loos-lès-Lille où la Centrale de jeunes est totalement détruite.)

 

Le 11 septembre 1992, neuf détenus, s'évadent de Clairvaux : c’est une des plus grandes évasions collectives de l’histoire des prisons françaises. 

 

M6 - Alerte évasion : Clairvaux : la grande prise d’otages

 

Le 18 février 2003 : Une cinquantaine de détenus refusent de réintégrer leurs cellules pour protester contre une mesure disciplinaire prise à l’encontre d'un des leurs.

 

Le 16 avril 2003 : Cette fois-ci, la révolte part des ateliers du bâtiment B, qui sont incendiés par 80 prisonniers, notamment en protestation contre la fermeture stricte des cellules le jour.

 

Les lourdes condamnations des mutins (jusqu'à sept années de prison) déclencheront une vive polémique. Lire la suite sur Ban Public

 

Le 7 mars 2006 : une mutinerie, qui n'aura duré que sept heures, est rapidement matée par l'envoi de 130 CRS et gendarmes

 

 

 

Pour aller plus loin :

 

Le témoignage de Pascal BROZZONI, mutiné de Clairvaux en 2003, depuis la Centrale de Moulins où il fut transféré (février 2004) : "ON N’EST PAS VENU EN PRISON POUR TRAVAILLER ! ou pourquoi j’ai brûlé les ateliers de la prison de Clairvaux."

 

Donna Evleth (2008) : Lettres de Clairvaux

La Centrale de Clairvaux : Les plus célèbres affaires

Le 19 juillet 1974 : La mutinerie de Clairvaux

 

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Nicolas Drolc (2013) Sur les toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises (bande annonce) 

 

Décembre 1971: mutinerie à la Prison de Ney de Toul



Le 9 décembre 1971, en arrivant aux ateliers, les prisonniers du bâtiment C de la Prison de Ney de Toul s’arment de leurs outils, et expulsent les gardiens.

Ceux-ci ne demandent pas mieux de quitter la détention ; le traumatisme de Clairvaux est profond chez les gardiens, et particulièrement pour ceux dont l’attitude est susceptible de provoquer des représailles.

Les détenus se rendent maîtres du quartier des adultes, dressent des barricades et exigent le renvoi du directeur, du gardien-chef et de deux surveillants particulièrement violents. 

 

 (Photo : @Michel Foucault)         

 

Ils demandent également la fin des sévices et une augmentation des salaires. Au quartier des jeunes, le bâtiment est entièrement détruit.

Le 13 décembre, n'ayant obtenu satisfaction, une partie des détenus casse leur cellule. La révolte est rapidement matée par les gardes mobiles toujours présents dans l’enceinte de la prison.

La mutinerie de Toul va entraîner une série d’autres mouvements en France, portant tous les mêmes revendications, et tous sont réprimées avec la même violence.

Michel Foucault et Gilles Deleuze, au nom du GIP, tiennent alors une conférence de presse et donnent la lecture de la lettre ouverte du médecin psychiatre de la centrale de Toul qui dénonce l’usage quasi généralisé de la contention pour les détenus posant des problèmes de discipline. Dénonciation reprise par la presse nationale.
 

Sources :

 

GIP : La révolte de Toul (1971-1972)

Gallimard (1973) : La Révolte de la centrale Ney

 

A voir :

Nicolas Drolc (2014) : Sur les toits

Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises 

 

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LA REVOLTE DE LA PRISON DE NANCY - 1972

 



La Révolte de la prison de Nancy, 15 janvier 1972, Source : Le Blog de Shige

 

 

15 janvier 1972 : Mutinerie à la Prison Charles III de Nancy

 

http://www.lepointdujour.eu/fr/a_paraitre

Le 15 janvier 1972, une semaine après que le rapport de la Commission d’enquête dépêchée à la suite des événements de Toul fut rendu public, une mutinerie éclate à la prison Charles-III de Nancy. Ils entreprennent alors la démolition de leur Bastille...

 

Découvrez quelques Photographies de Gérard Drolc, Élie Kagan et Martine Franck, et les peintures de Gérard Fromanger

 

Pour aller plus loin :

Philippe Artières (2013) : La Révolte de la Prison de Nancy

L'Est Républicain (15/04/12) : Que sont devenus les mutins ?

Fanny Lebigot (4/06/12) : Les mutins de Nancy, 1972

 

Post-scriptum : Ce que les mutins n'ont réussi à accomplir en 1972, le temps s'en est chargé. Aujourd'hui la Prison Charles III de Nancy fut désaffectée puis détruite en 2010... ((L'Est Républicain (25/10/2010), Nancy efface la Prison Charles III)

 

09/07/13 - Rebellion de masse la Prison de Nancy-Maxeville.

 

lien vers : http://tempsreel.nouvelobs.com/faits-divers/20130710.OBS8747/rebellion-a-la-prison-de-nancy.html

En 2009, était inaugurée la nouvelle Prison de Nancy-Maxeville. Le 09/07/13, Une quarantaine de détenus refusaient de regagner leur cellule nécessitant l'intervention des forces de l'ordre. Tiens, tiens ? L'histoire se répéterait-elle ?

Lire : L'Est Républicain (10/07/13)

 

 

http://leblogdeshige.com/tag/philippe-artieres/

Révolte à la prison de Nancy - 1972 : Peinture de Gérard Fromanger

 

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26 juillet 1974 : les détenus de l'ancienne prison de Loos se rebellaient...

 

C’était le 26 juillet 1974. Une centaine de détenus de la prison de Loos (aujourd’hui fermée), soit un quart de l’effectif, se mutinaient. Que s’est-il passé ce jour-là ? Derrière les murs des prisons, le souffle de liberté de 1968 ne s’est pas fait sentir.

Plusieurs historiens et sociologues expliquent l’apparition de mutineries, au début des années 1970, par le décalage entre une société française plus libertaire, et un fonctionnement carcéral resté le même depuis le début du XXe siècle...

 

Lire l'article complet : La Voix du Nord (25/07/14)

 

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1987 : La fièvre des Prisons

 

Lien vers : http://img.over-blog-kiwi.com/0/42/12/72/201310/ob_6969f682137b4d3f4cd33f66011c4332_revendications-87.jpg1987 connaîtra, tout au long de l'année, des émeutes et des mutineries à travers de tout le pays : aux Baumettes, à Fleury-Mérogis, à Loos-lez-Lille, à Saint-Maur et d'autres prisons encore...

Exemples de doléances exprimées par les détenus de différents établissements pénitentiaires lors du mouvment de 1987

 

14 Juillet 1987 : Feu d'artifice à Fleury

Eté 87 : Baumettes, histoire de se mutiner

Novembre 1987 : La Mutinerie de Saint Maur

1987 : Aux émeutes succèdent des grèves de la faim

 

           (Cliquez sur l'image pour agrandir)

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14 Juillet 1987 : Feu d'artifice à Fleury

« Non à la mort lente ! »

Suite à dix-huit transferts vers la centrale de Rennes (35), deux cents détenues de la maison d’arrêt de femmes (MAF) refusent de remonter de promenade, provoquant l’intervention des CRS. Pendant que plusieurs centaines de prisonniers masculins, décident eux-aussi de rester dans la cour. « Non à la mort lente ! », crient-ils.

 

Cette colène ne s'apaisera pas les semaines et les mois suivants.

 

"03 septembre 1987 : La colère gronde chez les primaires ! Trois d'entres elles ont été isolées. La rumeur dit qu'elles « contagieuses ». Ici, ça peut vouloir dire qu'elles ont des poux, la gale ou pire. Toutes demandent de quelle maladie sont atteintes les isolées et refusent de réintégrer les cellules après la promenade si elles n'obtiennent pas de réponse. Les filles des autres groupes manifestent  leur solidarité en frappant en cadence sur les portes, en jetant des papiers enflammés par l'espace réduit des ouvertures des fenêtres. Des youyous provocateurs et joyeux, des hurlements d'encouragement accompagnent tout ça.  Les CRS prennent position autour de la MAF, puis y entrent : jets de gaz lacrymogène, tabassages. Deux déténues sont évacuées vers l'hôpital de Fresnes, d'autres sont traînées au mitard..."

 

(Témoignage d'Hélyette Besse, Militante d'Action directe : Fleury brûle-t-elle ? p.42)

 

Cette mutinerie, d'abord menée par des femmes, se propage à d'autres prisons, dont les Baumettes, où le feu qui couvait éclate dès le 16 juillet.

 

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La mutinerie de la centrale de Saint-Maur (Indre), le 13 novembre 1987. ( AFP )

 

12 et 13 novembre 1987 - La Mutinerie de la Prison de Saint Maur

« Ce n'est pas joli de couper les arbres ! »

La Prison de Saint-Maur (36) est conçue dans les années 80 comme le modèle des nouvelles centrales. Une « prison dorée » ? Elle sert en fait de laboratoire à l’Administration Pénitentiaire.

 

Dans cette prison, plus de 400 prisonniers dont une centaine condamnés à perpétuité.

(Libération du 14/11/87)

 

LIRE LA SUITE : La Mutinerie de la Prison de Saint Maur

 

Lire aussi : Morandini.com (24/10/14) : La mutinerie à la prison de St-Maur, dans l'Indre, est terminée

 

Au mêmes maux, toujours les mêmes remèdes : la répression !

 

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1987 : Aux émeutes succèdent des grèves de la faim

 

« Faire la grève de la faim, c’est leur droit. On peut toujours faire des régimes d’amaigrissement ».

Juillet : Fresnes

Selliah Chandrabose, détenu à Fresnes, meurt après six mois de grève la faim. Il clamait son innocence. Cela déclenche une grève de la faim d'autres détenus.

Juillet : Centrale pour femmes de Rennes


Cinquante prisonnières se mettent en grève de la faim pendant deux jours, pour obtenir de meilleures conditions de détention et des soins médicaux décents.

Novembre : Grève de la faim à la Maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse


Grève de la faim d’une trentaine de détenus pour protester contre les sanctions prises à l’encontre de quatre de leurs camarades pour chahut et contre des tabassages des matons.

Décembre : Grève de la faim des quatre membres d'Action directe emprisonnés


Début de la grève de la faim de Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani, militants d’Action Directe. Leurs revendications portent contre les mesures d’isolement et pour le droit au regroupement des prisonniers politiques.

Robert Pandraud, alors Ministre délégué à la Sécurité, déclarera le 17 février 1989 à leur sujet, alors qu’ils étaient à leur quatre-vingtième jour de grève de la faim : « Faire la grève de la faim, c’est leur droit. On peut toujours faire des régimes d’amaigrissement ».

 

 

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(Dessin : Laurent Jacqua)

 

1988 : Maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin)

"Beau comme une prison qui brûle"

 

A l'intérieur des prisonsLe 16 avril 1988, la prison d’Ensisheim flambait. La presse et la justice ne voulurent voir dans cette révolte spectaculaire qu’une explosion parmi d’autres qui valut à cinq détenus quatre ans de prison supplémentaires. Cette mutinerie est pourtant restée ancrée dans la mémoire carcérale.

Jamais, depuis les grandes révoltes de 1974, un établissement pénitentiaire n’avait été détruit avec tant de ferveur. Jamais les initiateurs d’une mutinerie n’avaient revendiqué leurs actes avec autant de constance et de dignité. Rarement l’institution pénitentiaire elle-même n’avait été à ce point remise en cause.

Pour la première fois, l’un des principaux acteurs de la révolte d’Ensisheim en raconte la genèse, le déclenchement et l’embrasement dans un ouvrage : Kyou (2015) « Beau comme une prison qui brûle »...

 

Lire l'intégralité de l'article : 

Kyou (2015) : Beau comme une prison qui brûle

 

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2012 : Protestations à la Prison de Roanne

 

Pourquoi présenter la 'petite révolte' de la Prison de Roanne ? Peut-être pour ces images volées... Ils l'auront bien mérité, me direz-vous !

 


Les prisonniers frappés à la prison de Roanne

 

Lettre de détenus de Roanne


"Bavure pénitentiaire au Centre de détention de Roanne


"Mercredi 4 juillet 2012, quatre détenus ont refusé la remontée de promenade pour protester.


"Les revendications portaient sur une modification des horaires de promenade et sur toutes les précédentes revendications publiées le 25 avril 2012 par les détenus de Roanne.

"A 18h45, les quatre détenus refusent de remonter en cellule et demandent à être entendu dans un esprit pacifique. Boyer (le directeur du CD) préfère lâcher ses chiens, environ dix surveillants équipés de casques, boucliers. La procédure d’intervention de l’Administration Pénitentiaire n’est pas respectée et l’action menée à la cow-boy mais sans lasso (voir vidéo).

"L’intervention a d’abord porté sur deux détenus âgés d’une vingtaine d’années malgré qu’un des détenus ait ostensiblement levé les mains en l’air.

"Dans la foulée, un groupe de surveillants a chargé boucliers en avant deux détenus. Ceux-ci ripostent pour repousser l’assaut. L’un d’eux se fait ceinturer immédiatement, les autres détenus s’éparpillent dans cette cour sans issue. Les surveillants se sentent dépassés, ce qui a décuplé leur agressivité. La chasse à l’homme est alors ouverte..."

 

(Lire la Suite sur Numero Zer0)

 

Suivre l'actualité de la Prison roannaise :

http://luttes-au-centre-de-detention-de-roanne.overblog.com/

 

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Janvier 2013 - Maison d'arrêt de Dijon : Quand ils jouent à : 'bouh ! fais-moi peur...'

 

Dans le but de tester le plan particulier de protection de la maison d’arrêt de Dijon, un exercice mettant en scène une émeute, une prise d’otages et un incendie, s’est déroulé le 12 janvier 2013

 

La mutinerie de 1996 a marqué les esprits

 

Le 7 avril 1996, une mutinerie éclate à la maison d’arrêt de Dijon. Bilan : un policier et cinq détenus blessés, ainsi que des dégâts importants causés par un incendie, obligeant une rénovation de la prison. « Cette mutinerie avait été assez violente et elle est restée dans les mémoires des personnels. A l’époque, c’était lié à un taux de surpopulation très importante ». 

 

C’est dans cette optique que la préfecture de Dijon a mis sur pied, dans le plus grand secret, un exercice 'grandeur nature'. (Remarque perso : 'dans le plus grand secret mais la presse était tout de même conviée...)

 

 

Mutinerie fictive à la Maison d'arrêt de Dijon

 

Source : Gazette Info (13/01/13): Mutinerie fictive à la Maison d'arrêt de Dijon

 

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Etats-Unis: exercices d'intervention en cas d'émeutes en prison

 

USA - Chaque année des forces spécialisées dans l'intervention en milieu carcéral se retrouvent dans une ancienne prison de Virgine Occidentale pour simuler des émeutes. Des étudiants jouent aux détenus et les sociétés viennent présenter de nouveaux produits... (Source : AFP)

 

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Les mutineries de l'Eté 2013

L'avènement du Web

 

lien vers : http://www.la-croix.com/Actualite/France/La-tension-monte-dans-les-prisons-francaises-2013-08-22-1001209#.UhcrlA3Jis8.facebook La Croix (22/08/13) La Tension monte dans les Prisons françaises

En ce mois d'août, les mutineries se multiplie en prison, notamment à Bourg-en-Bresse, Blois ou Chataudun...

 

(Lire la suite)

 

 

Lien vers : http://brunodesbaumettes.overblog.com/les-prisons-fran%C3%A7aises-vont-mal Les Prisons françaises vont mal  (19/08/13) 

 

Pourquoi les détenus français craquent L'été a été chaud dans les prisons françaises et pas seulement à cause des températures caniculaires...

(Lire la suite)

 

 

Bourg-en-Bresse : Une mutinerie pour un short ! Pas de mort, heureusement... (01/08/13) 

 

Lien vers : http://brunodesbaumettes.overblog.com/search/short/

Dans la chaleur de l'été, la mutinerie d'une vingtaine de Détenus de la Prison de Bourg-en-Bresse s'est terminée par l'intervention des Forces spéciales des Equipes régionales d'intervention et de sécurité - Rien que le nom, ça fait déjà peur !

(Lire la suite)

 

 

 

Emeute à la Prison de Blois  - Eté 2013 - L'avènement du Web

 

La Nouvelle République - Août 2013 - Emeutes et saccages à la Prison de Blois

Un mouvement de révolte a éclaté le 19 Août 2013 à la maison d'arrêt de Blois suite au décès d'un détenu. Lors des affrontements avec les Forces d'intervention spéciales (ERIS) l'un des détenu a été blessé.

Cette mutinerie, son origine, son déroulement, sa conclusion ont pu être filmés et commentés en direct, grâce à Internet...

 

Lire : La Nouvelle République (26/08/13) : La mutinerie de la prison vécue en direct via le Web

 

 

Epilogue : après l'été vienne l'hiver...

 

Beau comme une prison qui brûle

Neuf accusés massacré par la Justice suite au saccage de la Maison d'arrêt - Compte-rendu du procès de la mutinerie de Blois

 

Cet été, il y a eu des mutineries dans plusieurs prisons : Bourg-en-bresse, Chateaudun, Blois. Le 6 décembre, rebelote : cette fois au Centre pénitentiaire d'Argentan, et le lundi 17, à la toute nouvelle centrale de Condé sur Sarthe.

A chaque fois, les détenus qui se révoltent, se font dérouiller par les Eris et écopent de sanctions disciplinaires et souvent judiciaires....

 

Lire la suite : Laurent Jacqua (26/12/13)

 

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2013 - Mutinerie en direct sur la Toile

 

Après les "Printemps arabes", l'"Eté des Prisons françaises" en direct sur le Web ?

 

A la suite du décès d'un détenu dans sa cellule, officiellement pour 'rupture d'anévrisme', les détenus se sont révoltés...

 

Un détenu explique la raison de la Mutinerie de Blois...

 

lien vers : http://www.movinstream.com/video/aXdyOmcjAzo/un-detenu-explique-la-raison-de-la-mutinerie-a-la-prison-de-blois.html#.Uhxo2NJM_XV

"... Le Surveillant est arrivé à la porte, vous savez ce 

qu'il lui a dit : "(...) arrête de boire..." 

"On a tout cassé, on a cassé toutes les portes. On pouvait pas se comporter normalement, c'était impossible !"

 

POUR ECOUTER CE TEMOIGNAGE - CLIQUEZ SUR L'MAGE !

 

La Nouvelle République (19/08/13) Mutins et Policiers s'affrontent à la Prison de de Blois

 

lien vers : http://videos.lanouvellerepublique.fr/video/f3b4c70cc70s.html

Un détenu, blessé lors de ces affrontements, est évacué par les pompiers. Témoignage de l'un d'entre eux.

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POUR VOIR LA VIDEO - CLIQUEZ SUR L'MAGE !

 

 

 

"La génération Facebook arrive en prison"

 

lien vers : http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/La-generation-Facebook-arrive-en-prison-625592

Témoignage - Alors que la garde des Sceaux veut réformer le système carcéral "à bout de souffle", un surveillant témoigne dans le JDD de son quotidien derrière les murs : "L'ambiance se tend", notamment avec les jeunes.

Lire la suite : Le JDD (25/08/13)

 

 

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Décembre 2013 : Dégâts à Argentan

 

France TVInfo (06/12/13): De gros dégâts au centre de détention d'Argentan

 

Bien différemment des mutineries de l'Eté 2013, cette fois-ci l'Administration pénitentiaire a bien pris soin de 'boucler' toutes les images pouvant nuire à certains publics...
On est loin des scènes filmées ou commentées par les détenus eux-mêmes, mais c'est normal, me direz-vous : nous sommes en hiver, et on n'a jamais vu un printemps (même des prisons) en décembre...

 

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Mutineries en temps de guerre

 

La dernière Guerre mondiale (1939-1945) a été marquée par une série de révoltes et de mutineries à l'intérieur des prisons, le plus souvent dirigés par des Résistants détenus par l'Administration pénitentiaire (AP) soumise aux ordres de l'Occupant nazi.

 

 

Février 1944 : L'insurrection de la prison d'Eysses

 

Le 19 février, le directeur de la prison ainsi qu'un inspecteur de l'AP sont pris en otage par les détenus. L'alerte est donnée. S'ensuit alors une fusillade puis le siège de la prison, toute la nuit, par les gardes mobiles.

Les détenus résistants sont finalement contraints de se rendre. 12 d'entre eux seront fusillés, le reste des mutins finira déporté à Dachau. 400 des détenus d'Eysses mourront en déportation.

 

Lire : France3 Aquitaine (22/02/14)

 

Pour aller plus loin : 

Jean-Guy Modin (1974),  L'Insurrection  d'Eysses

19/23  février  1944, une prison dans la  Résistance  

 

 

 

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1944 - Note à l'attention de tous les préfets

11 juin 1944 Maison centrale de Poissy :

 

11 juin 1944 à la Maison centrale de Poissy : Deux morts et deux blessés.

Cette mutinerie à donner l'occasion à un certain Clemoz, secrétaire général au maintien de l’ordre à Vichy, de pondre la note suivante :

 

« Il semble urgent de faire une note aux Préfets leur interdisant de faire ouvrir les portes des prisons sous quelque prétexte que ce soit même sous des bombardements violents... »

 

Voilà une bonne façon de régler la question chronique de la surpopulation carcérale...

 

Source : Des hommes, des prisons et des camps, La mutinerie du 11 juin 1944 à la Maison centrale de Poissy

 

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14 juillet 1944 mutinerie à la Prison de la Santé

 

Témoignage de Roger PAYEN, détenu politique, sur le soulèvement des détenus de Droit commun (DC) qui se solda par 34 morts (du côté des mutins, cela va de soi) :

 

« Francs-gardes et miliciens étaient entrés dans la « maison », et cette nuit sanglante allait compter 34 victimes ; 6 abattues pendant la nuit et 28 fusillés, dont 23 jeunes, tous DC... »

 

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25 décembre 1944 mutinerie à la Prison militaire du Cherche-midi

 

Le 25 décembre 1944, une mutinerie éclate à la prison militaire de Paris. Les gardiens sont désarmés et pris en otage par des détenus militaires incarcérés dans cet établissement. Des dossiers administratifs sont brûlés et quatre prisonniers parviennent à s’évader... Joyeux Noël !

 

Lire la suite sur Histoire pénitentiaire et Justice militaire

 

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A l'intérieur des prisons (Dessin : Depuis l'intérieur des prisons)

 

 

1972 - Michel Foucault et Jean-Paul Sartre devant le Ministère de la Justice

1971-75 : Des mutineries "politiques" ?

 

L’originalité de ces années 70 est d'offrir aux détenus un espace de discussion relayé par les intellectuels et les groupes gauchistes et maoïstes.

 

(Photo : Elie Kagan : 1972 - Michel Foucault et Jean-Paul Sartre devant le Ministère de la  Justice - Centre Michel Foucault

 

 

 

 

 

Les gauchistes mettent la prison à la une

 

"Les révoltes pénitentiaires du dernier trimestre 1971 ont bénéficié d’un large écho dans la société française alors que ces évènements restaient traditionnellement intra-muros..." (in Alternative Libertaire - 2011)

 

La création du Groupe d'Information sur les Prisons (GIP)

et du Comité d'Action des Prisonniers (CAP)

« L'unique mot d'ordre du GIP, dit Foucault, c'est la parole aux détenus » (2)

 

Anne Guérin (2012)Prisonniers en révolte

Créé au début des années 70, sous l'égide de grands intellectuels (Michel Foucault, Gilles Deleuze, Jacques Donzelot, etc.), le GIP est un regroupement hétéroclites réunissant des intellectuels, des magistrats, des journalistes, des aumôniers, des médecins et, condition même son existence, des détenus, ex-détenus et familles de détenus qui s'auto-organisent, en 1972 autour du Comité d'action des Prisonniers (CAP). 

Le GIP est avant tout un lieu de réunions, de rencontres, de meetings et aussi de relai d'information au niveau des média - grâce, notamment à ces figures emblématiques. Nous sommes alors dans la mouvance de l'après-soixante-huit.

 

 

Bibliographie et liens : Genepi Nancy : Groupe d'information sur les Prisons

 

Jean-Paul Aubert (1976) : Tais-toi ou crève ! Film réalisé avec des Etudiants de Paris 8

Cliquez sur l'image

 

1976 - Création du Genepi

 

Sous l'impulsion du Président de la République de l'époque, Valéry Giscard-d'Estaing est créé le Groupement etudiants national d'enseignement aux personnes incarcérées (Genepi), dont le but est d'offrir des activités aux détenus. Dans les années 80, son action deviendra aussi politique.

 

Lire et écouter :

Radio Campus Paris (21/06/14) : Le Genepi et la politique, avec Matthieu Quinquis

Le GENEPI : Hardi ! les ardents étudiants

Liens vers :Genepi Le Site et Genepi Page Facebook

Mutineries et avancées "sociales"

 

N'y aurait-il, en prison, d'amélioration des conditions de détention qu'à la suite de grands mouvements de révolte des détenus ? Voyons cela :

 

1971-72 : Une première vague d’émeutes a lieu, suite à la circulaire Pleven qui supprimait les colis de Noël. Ces émeutes sont activement soutenues et relayées par le GIP et d'autres mouvements d'(extême)-gauche. Fin 72, après la nomination d’une commission d’enquête, les colis sont rétablis. Les quartiers d’isolement et les parloirs libres (sans hygiaphones) sont instaurés, en même temps que se met en place une politique d’application des peines. 

 

Eté 1974, 89 mouvement collectifs sont dénombrés, suivis par un mouvement de grève des surveillants. La réforme pénitentiaire qui s’ensuit en 1975 est ambitieuse : amélioration et libéralisation des conditions de détention :

- autorisation définitive de la presse ;

- abandon du port du droguet - la tenue carcérale ;

- abolition effective des “cages à poules" ;

- élargissement des possibilités de cantine ;

- fin de la réglementation sur la coupe des cheveux ;

- assouplissement des conditions d’obtention des parloirs et augmentation de leur fréquence ;

- augmentation des salaires (?) ;

- limitation de la détention préventive à six mois pour les primaires ;

- autorisation de la radio en cellule et de la télévision en salle collective) ;

-assouplissement des mesures d’aménagement des peines ;

- redéfinition des établissements en trois catégories (centres de détention à régime libéral, maison centrales conservant le régime antérieur, quartiers ou établissements à sécurité renforcée).

(Mais en contrepartie, les parloirs libres sont supprimés tandis que sont créés les Quartiers de haute sécurité (QHS) -supprimés en 82 - et des Quartiers de sécurité renforcée (QSR).)

 

En 1983, une série de protestations semble être à l’origine du rétablissement des parloirs libres et de la création de peines de substitution.

En 1985, une vague de mutinerie a pour conséquence l’autorisation des téléviseurs en cellule

 

En fin 1987, tandis que se déclare l’affaire du sang contaminé, le préservatif est autorisé en prison. Le travail obligatoire est supprimé...

 

Maison centrale de Loos. 25 juillet 1975

 

A lire : Criminocorpus (15/04/09) : Les mutineries de l’été 1974 et la réforme de 1975

 

Sources :

 

Collectif Alternative libertaire (CAL) de Montpellier : Les révoltes de prisonniers des années 70

 

Christophe Soulié (1995) : Liberté sur paroles - Contribution à l'histoire du Comité d'Action des Prisonniers

 

Anne Guérin, 2012, Prisonniers en révolte - Mouvements et contestations dans les années 70

Ya du baston dans la Taule, 2010 - 3 volumes 

 

(2) Audrey Kiéfer, 2008, Michel Foucault, le GIP, l'histoire et l'action

(3) La désobéissance en prison (2006)

Le Groupe d'Information sur les Prisons : archives d'une lutte (1970-1972), Éditions de l'IMEC, 2003

 

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Tunisie (2011) : Mutinerie à la prison de Borj Erroumi

 

Si tous les Mutinés du Monde...

Mutineries oubliées et prisons du bout du monde



Face à ces quelques moments 'héroïques' - ou tragiques, combien d'autres émeutes, de soulèvements, de rebellions ont été passés sous silence ? L'Administration pénitentiaire a su, le plus souvent, éteindre leurs feux et recouvrir leurs cendres...

Silence !

Mais comme dit le Poète : 'Que saura l'univers du drame ?'

 

Nouméa : La prison du Camp Est

Des prisons et des morts : Mutinerie à Abidjan

Grande-Bretagne : La mutinerie de Strangeways

Brésil - Carandiru : Rébellion et Massacre

Brésil 2014 : La mutinerie de la prison de Guarapuava

USA : La mutinerie d'Attica

USA : Les Cinq de Lucasville : Des Mutins dans le couloir de la Mort

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Avez-vous, par exemple, jamais entendu se plaindre les détenus de la prison de Nouméa en Nouvelle-Calédonie ? C'est si loin la Nouvelle-Calédonie...

 

Nouvelle-Calédonie : nouvelle mutinerie au Camp Est

(27/05/15)

 

Selon les dernières informations publiées par Les Nouvelles Calédoniennes (26/05/15) une révolte des détenus a éclaté dans la terrible prison du Camp Est. Ce mouvement aurait éclaté après le suicide d'un détenu...

Deux bâtiments auraient déjà été incendiés. Toutes les forces de police sont actuellement mobilisées pour contenir les mouvements à l'intérieur de la prison.

Le GIPN est sur place pour "faciliter" l'intervention des pompiers et contenir d'éventuels mouvements de détenus...

 

Lire l'article complet : 

Nouvelle mutinerie au Camp Est

 

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On the roof - Photo: Don McPhee

 

Grande-Bretagne : La mutinerie de Strangeways
 

L'émeute de la prison de Strangeways à Manchester a débuté en avril 1990. Elle a duré 25 jours, sous un regard sans précédent des médias. Il y a eu deux hommes tués et 194 blessés.

Elle a été suivie par 51 procès criminels et une enquête publique qui s'est avérée être l'examen le plus approfondi de la politique pénale de l'histoire britannique.

Elle a entraîné des changements radicaux dans le système pénal, tel que, notamment, la fin de la corvée du «vidage des tinettes», quand les détenus devaient uriner et déféquer dans des seaux dans leur cellule.

Il y a eu la nomination d'un ombudsman des prisons (cf. en France : le Contrôleur des prisons) et l'introduction de téléphones fixes au sein des prisons afin que les détenus puissent rester en contact avec leur famille...

 

Lire : The Guardian (31/03/10)

 

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Brésil : Carandiru : Rébellion et Massacre

 

Le massacre de Carandiru s'est produit le 2 octobre 1992 au pénitencier de Carandiru à São Paulo au Brésil.

L’événement est considéré comme une violation majeure des droits de l’homme au Brésil. Cent onze prisonniers furent tués à la suite d’une rébellion.

 


LIRE L'ARTICLE COMPLET : Carandiru (Brésil) : Rébellion et Massacre

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Euronews (15/10/14) : Brésil : la mutinerie se poursuit dans la prison de Guarapuava

 

 

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USA ATTICA - Le 9 septembre 1971, les détenus de la Prison d'Attica (Etat de New-York) se révoltent. Ils revendiquent pour quelques droits : des douches, des moyens pour étudier, moins de censure sur les courriers et les visites, un salaire minimum, une meilleure nourriture, de meilleurs soins médicaux, le droit de se réunir pour prier ensemble.

Une de leurs revendications, la plus simple, était de pouvoir disposer de papier hygiénique, plus que le rouleau auquel ils avaient droit chaque mois.

 

Lire l'article complet Les Prisons d'Amérique : La Mutinerie d'Attica

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Les Cinq de Lucasville : Des Mutins dans le couloir de la Mort

 

Ohio 1993 - « La mutinerie de Lucasville a une place toute particulière dans l’histoire des luttes menées par les prisonnier.e.s aux États-Unis en raison des déclarations des mutins affirmant appartenir, tous, à la "race de prisonniers".

"Cette volonté de résolument dépasser les divisions raciales et les formes de hiérarchisation des délits et des crimes qui existent en prison fait la particularité de la mutinerie de Lucasville. »

En avril 1993, pendant onze jours, des prisonniers, musulmans, blancs et noirs réunis, prennent le contrôle d’une partie de la prison de Lucasville (Ohio, États-Unis). La mutinerie se solde par la mort de neuf prisonniers et d’un surveillant. 

 

Depuis 1993, la matonnerie et la justice des Etats-Unis ont implacablement poursuivis ceux tenus responsables moins des morts que de la réalisation, dans la lutte, d’une unité sans précédent parmi les prisonniers. Cinq hommes, les « Cinq de Lucasville », sont condamnés à mort...

 

Lire l'article complet : Les Cinq de Lucasville

 

 

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CINE-MUTINS

Y'a du baston dans la Taule !

 

Daniel Monzón (2010) : Cellule 211

Samm Styles (2007) : Black August

Art Camacho (2007) : Mission Alcatraz 2

Hector Babenco (2002) : Carandiru

Don Siegel (1954) : Les Révoltés de la cellule 11

Lloyd Bacon (1937) : La Révolte (San Quentin)

 

 

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Daniel Monzón (2010) : Cellule 211

 

Soucieux de faire bonne impression, Juan débute un jour plus tôt son nouveau travail dans une prison de haute sécurité. Mauvais timing !

 

À peine arrivé, il se retrouve au cœur d'une émeute. Personne ne le connaît et le hasard va lui permettre de se faire passer pour un prisonnier...

 

 

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Samm Styles (2007) : Black August

 

Le film s'inspire de la vie de Georges Jackson, militant noir américain qui devint en prison (où il a passé les 12 dernières années de sa vie - condamné pour le vol de 70 $ dans une station-service) membre du "Black Panther Party".

Le jour où son jeune frère se fait tuer lors d’une prise d’otage organisée pour protester contre son emprisonnement, Jackson déclencha, en 1970, la plus sanglante des émeutes qu’ait connues la prison de Saint Quentin.

Le 21 août 1971, Il fut tué dans la cour de cette même prison au cours de ce que les Autorités qualifièrent de "tentative d'évasion".
 

 

Samm Styles (2007) : Black August - Trailer (VO)

 

 

George Jackson : Les Frères de Soledad

 

George Jackson écrivit durant sa détention. Ses lettres ont été rassemblées dans un ouvrage : "Soledad Brothers : The prison letters of Georges Jackson" préfacé par Jean Genet, publié en français sous le titre : "Les Frères de Soledad"

 

 

Pour en savoir beaucoup plus :

Cases Rebelles : George Jackson et Les Frères de Soledad

 

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Art Camacho (2007) Mission Alcatraz 2

 

Burk et Twitch sont deux taulards incarcérés dans une prison particulièrement violente où règne une terrible guerre des gangs.

Lorsqu'une émeute éclate, ils décident de s'allier. Ils découvrent bientôt que celui qui a déclenché l'émeute détient en otage deux personnes qui leur sont chères...

 

Art Camacho (2007) Mission Alcatraz 2

 

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Don Siegel (1954) : Les Révoltés de la cellule 11

 

Après sa sortie de prison, où il purgeait une peine pour avoir tiré un amant présumé de sa femme, le producteur Walter Wanger mis à faire une pièce de théâtre sur son expérience de la prison dont fut tiré le film.

 

Un groupe de détenus révoltés et les la plupart des prisonniers se joint, prise d'otage garde nombreuse. Son intention est de protester contre les conditions de vie inhumaines qu'ils endurent.

 

 

 

Les Révoltés (Riot in Cellblock 11) - VO - début du film

 

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Lloyd Bacon (1937) : La Révolte (San Quentin)

 

Un ancien officier de l'armée tient un poste de gardien dans la prison de Saint Quentin. Joe le frère de sa nouvelle petite amie est envoyé en prison pour une affaire de vol. La révolte va éclater !

 

 
 
 

 

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